Entreprise

Le leasing auto est un secteur moins exposé que d'autres aux évolutions de la conjoncture. Cette constatation a été répétée hier par le patron de Lease Plan Belgique lors de la présentation des résultats de la filiale belge du groupe ABN Amro Lease Holding. Pour faire plus simple, le groupe présent dans 26 pays a par ailleurs décidé de se rebaptiser Lease Plan Corporation. Au niveau belge, les résultats du principal spécialiste de la location auto à long terme sont meilleurs que ceux de la moyenne du secteur, avec une progression de 5 pc de la flotte à un total de 42000 véhicules, soit 20,5 pc de part d'un marché qui a globalement crû de 1,5 pc. En chiffres, l'appréciation est plus complexe: le résultat opérationnel de Lease Plan a atteint 47 millions d'euros, pour un résultat net de 12,5 millions d'euros. Dans ce secteur, le chiffre d'affaires a peu de signification puisqu'une bonne part des capitaux entrants est immédiatement affectée au paiement des véhicules, des assurances, etc. Mais le montant s'élève `à dix fois le résultat opérationnel environ´, selon Michel Van den Broeck, Senior vice-President de Lease Plan pour l'Europe centrale.

Contre la tendance

Les bénéfices sont au rendez-vous, et en belle augmentation (+ 25pc) d'une année sur l'autre. En période de récession, c'est étonnant. Bart Beckers, le patron de l'entreprise belge explique cette progression par une amélioration des processus de fonctionnement, par un recul des dommages aux véhicules, et par une hausse des prix de vente des véhicules en fin de leasing. Pour le reste, c'est la mécanique des contrats à long terme - 40 mois en moyenne dans ce secteur - qui permet à l'entreprise de s'abstraire des contraintes conjoncturelles. `Nous avons en effet en moyenne deux ans et demi pour nous adapter au nouvel environnement économique pour l'essentiel de notre activité. Mais pour ce qui concerne les contrats à court terme, l'impact de la dégradation conjoncturelle est immédiat. Dans ce segment, les ventes ont diminué de 50pc!´, explique encore Bart Beckers.

Par ailleurs, ce qui permet à Lease Plan d'agir rapidement sur les sources de dépenses, c'est la multiplicité des entreprises `cousines´ agissant dans les secteurs de l'assurance, de la réparation auto, etc. Par contre, l'entreprise a assez peu d'impact sur l'attitude particulière des entreprises belges relativement peu réceptives au principe du leasing. `Le taux de pénétration du leasing des entreprises en Belgique - 22 pc environ - est moins important qu'aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni où il avoisine les 40 pc. Mais notre marché est apparemment mûr!´, note Michel Van den Broeck. Une raison à cet état de fait? `Je pense que les particuliers, mais aussi les dirigeants d'entreprises, ont encore des difficultés à digérer le montant mensuel d'un leasing. En réalité, ils ne veulent pas vraiment savoir combien leur coûte la voiture...´

Des euros durs à digérer

C'est vrai que l'addition mensuelle est souvent dure à digérer. Chez Lease Plan, le véhicule moyen (prix d'achat 20000€ environ) en leasing opérationnel comprenant la plupart des services (assurance, entretien, notamment) coûte entre 500 et 625 € hors TVA. `Il faut aussi compter dans ce montant l'absence de gestion du parc automobile dans l'entreprise, le poids de la `politique automobile´ en termes de gestion des ressources humaines, et en termes financiers, le fait que le leasing permet à l'entreprise de ne pas toucher à ses fonds propres, et de ne pas accroître son endettement´, note encore Michel Van den Broeck. Il faudra donc faire entrer ces arguments dans la tête des dirigeants de petites et moyennes entreprises belges pour défricher la vaste part de marché qu'elles représentent - 400000 véhicules, soit un tiers des voitures d'entreprises. C'est précisément la cible de Lease Plan Belgique qui a décidé, en ces périodes de vaches maigres, d'attaquer le créneau des flottes jusqu'à neuf véhicules.

© La Libre Belgique 2003