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Alors que la conjoncture économique affiche une santé anémiée, le marché immobilier se porte lui comme un charme, avec un chiffre d'affaires qui a frôlé l'année dernière la barre des 20 milliards d'euros, pour une croissance de 14,5 pc - l'une des plus fortes croissances de ces trente dernières années.

C'est ce qui ressort du désormais traditionnel «Guide immobilier Trends-Tendances » (héritier du «guide des valeurs immobilières »), présenté mercredi à la presse.

Tous les indicateurs - ou presque - sont à la hausse, qu'il s'agisse des prix, qui en certains endroits ont progressé de plus de 60 pc au cours des cinq dernières années, ou des achats, le consommateur belge ayant plus que jamais une brique dans le ventre.

Aujourd'hui, 74 pc des Belges sont propriétaires de leur logement, contre 65 pc en 1996. «Cette proportion pourrait même atteindre 80 pc en Flandre » dans les années à venir, selon Philippe Janssens du bureau de consultance Stadim, sous l'effet de l'abaissement des droits d'enregistrement (depuis le 1er janvier 2002) dont l'effet dopant commence déjà à se faire sentir au nord du pays.

Les ventes y ont en effet progressé de 14,5 pc l'année dernière (soit une augmentation de 1,53 milliard d'euros) et de quelque 860 millions pour le seul quatrième trimestre. D'ici trois ou quatre ans, cette augmentation pourrait atteindre 40 pc, estime Philippe Janssens.

En Wallonie, la progression n'est que de 4,5 pc et de 30 pc pour Bruxelles, dont 18 pc pour l'immobilier de bureau, les 12 pc restant étant pour les deux tiers imputables aux transactions sur des maisons de commerce et de rapport.

Les ventes d'appartements se portent bien et ont progressé de 5,2 pc l'année dernière (+34.518 unités); une progression imputable pour l'essentiel à la Flandre (+6,4 pc) et à Bruxelles (+5,4 pc), alors que la Wallonie - dont le parc immobilier vieillit - fait du surplace.

Les prix continuent à progresser, de 8,5 pc en 2002; le prix moyen d'un appartement en Belgique dépasse désormais les 100.000 euros.

A Bruxelles, il en coûtera en moyenne 88.700 euros (+11 pc) pour devenir propriétaire d'un appartement, contre 76.750 euros en Wallonie (+9,9 pc) et 106.000 euros en Flandre. Mais pour jouir d'une vue sur la mer, les prix grimpent, jusqu'à 205.000 euros comme prix de référence, à Bruges et sur la Côte (+6 pc).

Malgré des hausses de prix significatives (+58 pc depuis 1990), la tendance sur le marché des appartements accuse néanmoins un retard par rapport aux habitations dont les prix ont plus que doublé au cours de la même période (+102 pc).

Les ventes d'habitations ont progressé de 4,7 pc en 2002, à 85.560, frôlant ainsi le record enregistré en 1999. La Flandre réédite d'ailleurs sa performance de l'époque avec 49.128 unités vendues (+6,7 pc).

En Wallonie, les ventes progressent de 3,1 pc (31.516 unités) mais régressent à Bruxelles (-4,4 pc; 4.916 unités).

En matière de prix, le prix de référence (moyenne de 75 pc des transactions) atteint à Bruxelles 170.000 euros (+4,5 pc), 150.000 euros en Flandres (+8,8 pc) et 110.000 euros (+5,3 pc) en Wallonie.

Le Brabant wallon reste incontestablement la région la plus chère du pays, avec un prix de vente moyen de 200.800 euros dans l'arrondissement de Nivelles, devant Hal-Vilvorde (195.500 euros).

Seul secteur à échapper pour l'instant à l'euphorie ambiante, celui des villas de luxe qui trouvent difficilement preneur en ces temps de malaise boursier. D'autant que ces maisons généralement destinées aux grandes familles ne correspondent plus forcément aux habitudes de vie actuelle.

L'offre y est plus abondante que la demande sauf dans la périphérie bruxelloise - très prisée des Eurocrates - et aux frontières avec les Pays-Bas et le Luxembourg.

Enfin, le marché des terrains à bâtir continue de régresser, de 10,7 pc l'année dernière, alors que la hausse des prix se poursuit elle inexorablement: +21 pc en Flandre (prix de référence: 110 euros le m2) et +13 pc en Wallonie (prix de référence: 37 euros le m2)