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Cushman & Wakefield (C&W) ne se l’explique pas, mais en 2010, les loyers du Meir ont augmenté de 15 % alors que ceux de la rue neuve n’ont pris que 11 %. Les deux artères se retrouvent dès lors à égalité avec un loyer de 1 800 €/m²/an pour une surface commerciale type, c’est-à-dire de 150 m² sur 6 m de façade.

Ce n’est pas la première fois que l’artère anversoise frise ou égalise les niveaux de loyers de sa consœur bruxelloise, mais cette fois, la rue Neuve risque de tomber de son piédestal. Pour arriver à cette conclusion, le consultant a minutieusement analysé 32 transactions (cessions, locations et renouvellements de baux) réalisées en 2010 dans les 6 artères commerçantes les plus prisées du pays. Avec une augmentation de 15 %, le Meir fait le meilleur score. Et rejoint donc la rue Neuve sur le podium. "En troisième place figure la Veldstraat à Gand (+11%), devant la Steenstraat à Bruges (5 %), Vinâve d’Ile à Liège (statu quo, sans doute suite à l’ouverture, fin octobre 2009, de la Médiacité) et la Hoogstraat à Hasselt (11 %), indique Karl Van Oosterwijck, responsable "locations retail" de C&W. "Ce qui ne veut pas dire que ce boom généralisé est acquis et va donc se reproduire. L’an prochain, ce sont peut-être d’autres localisations qui augmenteront."

Les shopping centers peut-être, dont les loyers n’ont pas bougé en 2010. Ni en 2009, pas plus qu’en 2008. "Il y a beaucoup de demandes, mais peu d’offres", ajoute l’expert. En la matière, Anvers et son Wijnegem dépassent Bruxelles et son Woluwe Shopping. "Comme depuis 2008 les loyers du premier s’élèvent à 1 430 €/m²/an, ceux du second à 1 250 €." Sur l’échelle des prix viennent ensuite City 2, suivi par le Waasland de Saint-Nicolas et le Westland d’Anderlecht, quasiment à ex aequo, et Belle-Ile (Liège). Tous quatre présentent des loyers entre 700 et 900 €/m²/an.

Tant dans les shoppings que dans les rues commerciales les plus courues, il n’y a pas de vacances. "Hormis à Charleroi où le taux est de 2,3 %", précise-t-il. Et qu’il explique par les années d’attente et de tergiversation concernant l’implantation d’un centre commercial. "Maintenant que le projet Rive Gauche a été désigné (dans le bas de la ville, NdlR), les enseignes vont recommencer à prendre des décisions."

En investissements, 2010 est plutôt une année faible avec un volume de l’ordre de 330 millions d’euros; moins qu’en 2009 et nettement moins qu’en 2006, 2007 et 2008. "Mais la part du retail dans le volume global investi en immobilier professionnel reste importante", précise Arnaud de Bergeyck, responsable "investissements retail". En 2006 et 2007, il représentait 20 à 30 % du montant investi en bureau. En 2010, il tourne autour des 40 %. C’est une niche fort demandée, qui intéresse essentiellement des investisseurs belges (78 %) et hollandais (20 %)". Avec la particularité que cette année 2010, il y a eu peu de grosses ventes, et aucune de centres commerciaux. "Ce volume a été engrangé par de petites opérations, inférieures à 3 millions d’euros", ajoute-t-il. "Dont la majorité réalisée par des privés et des familles." A des prix qui ont augmenté entre le premier et le second semestre, passant d’un rendement de 5 à 4,75 % (contre 4,25 % avant la crise de 2008-2009).

C&W a aussi pointé les tendances qui se dessinent pour les années à venir : "En 2008 et 2009, on avait l’impression que chaque stade de football allait s’offrir une galerie commerciale; aujourd’hui, les choses se calment et les projets aussi, commente Karl Van Oosterwijck. " Côté enseignes, on s’attend à une multiplication de celles liées aux accessoires. Par contre, les télécoms en multimarques ont et vont diminuer leur expansion, au profit des enseignes liées à un opérateur unique."