Entreprise Le groupe chimique s’est installé là où sont Samsung et LG, deux clients majeurs.

Le pari aurait pu paraître risqué. Il remonte à 2013 quand le groupe chimique Solvay a fait le choix de s’installer en Corée, un an après avoir posé pied en Inde. Et le groupe chimique belge a choisi un lieu hautement symbolique à Séoul où il s’est implanté sur le campus de l’"Ewha Womens University", une université d’où proviennent de nombreuses femmes coréennes influentes (notamment en tant qu'épouses de dirigeants).

Le groupe n’a pas seulement choisi un pays du continent asiatique, lequel représente environ un tiers de son chiffre d’affaires, pourcentage qui ne va faire que croître. Il a aussi voulu aller là où se trouvent Samsung et LG, les deux grands fabricants de batteries et d’écrans. Il est allé là où il peut fournir ses clients. Il y a mis sur pied un centre de recherche, qui compte actuellement 79 scientifiques de haut niveau (sur un total de 560 employés en Corée du Sud) et qui a été visité ce mardi par la princesse Astrid et une partie de la délégation de la mission économique.

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Combinaison atypique attrayante

"Solvay a eu le nez fin car on ne peut pas appréhender le marché électronique sans être en Corée. La localisation à Séoul et pas à des dizaines de kilomètres de la capitale et en plus sur le site d’une université qui a la cote est une combinaison atypique attrayante. Stratégiquement, il était important d’être en Corée du Sud. Cela permet d’avoir une relation de confiance et collaborer très concrètement", explique Jean-Christophe Galland, le responsable de la recherche et du développement en Corée du Sud. D’autres groupes comme BASF ont d’ailleurs essayé d’aller sur les traces de Solvay, mais sans y parvenir.

Une des questions posées lors de la visite fut évidemment l’explosion d’une batterie d’une téléphone portable Samsung. Sur les causes de l’incident, les responsables de Solvay sont restés très prudents mais ce dont ils sont sûrs c’est que cela ne leur pas porté préjudice. Au contraire.

D’après l’explication officieuse, il y aurait eu un problème avec la membrane qui sépare l’anode de la cathode. "Or, Solvay n’est pas dans le business des séparateurs", explique Jean-Christophe Galland.

Par contre, cet incident a une influence sur "l’axe de travail" du groupe chimique, assure-t-il. Et cela parce que Solvay a des solutions en termes de séparateurs renforcés par couche de polymère, poursuit l’ingénieur chimiste. Cette opportunité est d’ailleurs apparue indépendamment du problème rencontré par Samsung. "Chez Solvay, on sait qu’on a des solutions pour développer des séparateurs plus résistants. Un prérequis pour développer la batterie de demain", poursuit le scientifique français.

On l’aura compris, au centre de recherche coréen de Solvay, on pense à demain. Sous le regard bienveillant du fondateur Ernest Solvay dont une photo a été accrochée au mur, à quelques mètres d’un prototype de la voiture des décennies à venir.