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Il n'y a pas et n'y a jamais eu de plan caché pour Brussels Airlines, a affirmé lundi midi le CEO d'Eurowings à l'issue d'une matinée de rencontre avec le personnel de la compagnie aérienne belge. "Nous allons élaborer un plan d'avenir ensemble et le développer ensemble et il sera basé sur la croissance partout où c'est possible", a ainsi expliqué Thorsten Dirks. Seul le réseau africain de l'ex-Sabena est pour l'instant profitable et la situation doit absolument évoluer pour l'Europe, a-t-il souligné. Le patron allemand, présent lundi à Bruxelles, a d'ailleurs répété l'importance de Brussels Airlines (et de son réseau africain) au sein du groupe Eurowings, une filiale de Lufthansa. Une entité au sein de laquelle la marque Brussels Airlines a sa place et sera maintenue, selon lui.

Les réseaux européen, nord-américain et asiatique (Inde) ne sont cependant pas rentables actuellement. Une situation qui doit changer pour le court courrier, prévient Thorsten Dirks. "On ne peut pas se permettre de voler avec 40 avions (sur une flotte totale de 50 avions pour Brussels Airlines, NDLR) sur ce réseau et ne pas être rentable depuis Bruxelles", confie-t-il. Ce sera justement l'une des tâches qui reviendra à la nouvelle direction de la compagnie belge, qui prendra officiellement ses fonctions le 1er avril.

Le CEO demande d'ailleurs "un peu de patience" pour donner le temps à celle-ci de développer un plan clair, notamment sur les questions d'emploi. "Mais le plan sera élaboré ensemble et mis en application ensemble", a-t-il insisté. "Il sera basé sur la croissance partout où c'est possible", là où le groupe est présent: Allemagne, Belgique et Autriche. "Mais, dans la plupart des cas, il s'agira de croissance pan-européenne."

"La croissance n'est pas un but en soi. Elle n'a du sens que si cela est profitable et c'est cela que nous recherchons"

Thorsten Dirks a d'ailleurs répété qu'il avait très peu de craintes pour l'emploi en ce qui concerne les pilotes et le personnel de cabine. Mais, au sol, certaines opportunités de synergies sont possibles. Il faut les utiliser au maximum afin d'opérer au coût le plus bas possible, a-t-il laissé entendre.

Le groupe Eurowings va agrandir sa flotte dans les mois à venir, passant de 190 avions pour cet été à 210 fin de l'année et 300 à l'horizon 2020. "Nous regardons d'autres marchés que Bruxelles actuellement car nous n'y voyons pas de besoins de davantage de capacité pour le moment. Mais si des opportunités se présentent, à l'image de la reprise d'une grande partie des activités de Thomas Cook Airline Belgium l'an dernier, nous augmenterons alors notre présence ici", assure son CEO.

La grande partie de la croissance future viendra cependant d'autres marchés, reconnait-il. Avec en tête de liste l'aéroport de Rotterdam, où Eurowings pourrait aller s'implanter pour concurrencer celui d'Amsterdam Schiphol, et un plus grand développement à Paris. L'Europe de l'Est est également dans le collimateur, notamment en Croatie.

"La croissance n'est pas un but en soi. Elle n'a du sens que si cela est profitable et c'est cela que nous recherchons", résume le patron allemand.