Entreprise Un patron d’une grande banque volant dans les plumes du gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), ce n’est pas vraiment courant. Marc Raisière, le CEO du groupe Belfius, n’a toutefois pas manqué d’égratigner Luc Coene qui, voilà quelques jours, avait estimé que « quatre grandes banques en Belgique, c'est au moins une de trop". « Je n’ai pas tout compris » a commenté Marc Raisière en marge d’une rencontre avec des journalistes.

Première incompréhension : comment Luc Coene peut-il déclarer que le rachat d’une de ces quatre banques par une institution étrangère règlerait la question ? Pas du tout, réagit le CEO de Belfius. « En cas de reprise par une banque étrangère, il y aurait toujours quatre grandes banques », note-t-il. Pour passer de quatre à trois, il faut alors « parler de fusion et non de reprise ».Surtout, épingle encore Marc Raisière, un tel rachat signifierait que le centre de décision serait transféré de Bruxelles vers une autre capitale. Dès lors, « Il est faux de dire que seules certaines fonctions seraient délocalisées ».

Deuxième incompréhension : le même Luc Coene suggère encore une fusion entre deux des grandes banques belges, à défaut d’un rachat. Selon l’avis du gouverneur, cela se ferait sans casse sociale grâce au non-remplacement des baby-boomers. « Croire qu’une fusion entre ING et KBC, deux acteurs de tailles égales- pourrait se faire sans bain de sang social, c’est faux », remarque Marc Raisière. « Les départs naturels ne suffiront pas ».

Troisième incompréhension : la concurrence. "Une concurrence féroce sévit en Belgique sur le marché des hypothèques et des prêts aux entreprises, ce qui met les marges des banques sous pression », avait encore déclaré Luc Coene. Pour Marc Raisière, « la concurrence est une bonne chose pour l’économie ». De plus, il ne voit pas de différence sur le plan concurrentiel s’il y a demain 35 petites banques et 3 grandes banques, plutôt que 35 petites banques et quatre grandes banques.

Conclusion : « il faut être plus précis quand on aborde de tels sujets », suggère Marc Raisière. Et toc !