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Il est enfin sorti de son silence. Michael O'Leary, le patron de Ryanair, a écrit, ce jeudi, à l'ensemble de ses pilotes. Dans une lettre, dont « La Libre » a eu copie, le patron irlandais présente, pour la première fois, ses excuses à son personnel après le fiasco causé au sein de la compagnie aérienne low-cost. Pour rappel, Ryanair a dû annuler plus de 20 000 vols par manque de pilotes disponibles, ce qui a perturbé les plans de voyages de près de 800 000 personnes à travers l'Europe.

« Je vous écris pour m'excuser personnellement auprès de chacun d'entre vous pour les perturbations que vous avez vécues dans vos calendriers de jours de congé ces dernières semaines, explique M. O'Leary dans une lettre de 3 pages. Ceci est dû à une erreur de management ».

Le patron de Ryanair avait été très dur avec ses pilotes lors de l'Assemblée générale de la compagnie, le 21 septembre dernier, expliquant, notamment, qu'ils étaient imbus de leur personne et que le job de pilotes était confortable et peu fatigant. « Ces critiques ne vous étaient pas adressées , mais aux pilotes et aux syndicats des compagnies concurrentes qui prennent plaisir à dénigrer Ryanair et son succès, écrit Michael O'Leary. Je vous respecte depuis trente ans et vous le méritez (...) Je reconnais vos qualités. »

Après la courbe rentrante des mots, vient celle amorcée pour améliorer le statut des pilotes. Le patron de Ryanair propose une dizaine d'améliorations de conditions de travail pour ces derniers.

Michael O'Leary confirme ainsi les différentes primes (12000 euros aux commandants de bord, plus 10000 euros pour les pilotes de certaines bases « qui pourraient être élargies ») afin que ces derniers renoncent à 10 jours de leurs congés et restent au moins un an dans la compagnie. Il s'engage aussi à faire aligner le salaire de ses pilotes à ceux de ses concurrents low cost Jet2 et Norwegian. Comme Ryanair, ces deux compagnies opèrent avec des Boeing 737. Elles ont aussi engagé massivement des pilotes venus de Ryanair ces derniers mois. « Dans chaque base où ces compagnies sont présentes, nous proposerons de meilleurs salaires qu'elles ne le proposent. Cela nous permettra dorénavant d'engager des pilotes de ces compagnies plus faibles et qui paient moins ».

Enfin notons que le CEO s'engage à négocier chaque différence d'avantages sociaux entre les contrats locaux et irlandais ( jours de maladies payés, période d'essai, congé de maternité,...) afin de les intégrer dans les contrats des pilotes basés en Europe.

Mais, aux yeux de Michael O'Leary, ces contrats restent irlandais, contrairement à la demande des pilotes qui veulent des contrats 100 % locaux. Le patron ne veut également toujours pas entendre parler de représentation syndicale ou de négociations globales des pilotes. Il confirme qu'il veut uniquement négocier via le système actuel des représentants des employés (base par base), fortement contesté par ces derniers. «Certains d'entre vous ont pu être trompés par des pilotes de compagnies concurrentes, des syndicats ou l'association européenne des pilotes qui vous ont fait croire que ce système de représentation n'existait plus. Ce n'est pas vrai, assure le boss irlandais. Nous avons déjà des accords avec différentes bases. Ils ont été négociés via des votes secrets de pilotes et sont valables parfois jusqu'en 2021 »

La lettre de Michael O'Leary se conclut avec un graphique censé prouver que la compagnie Norwegian, grande concurrente de Ryanair et dont le patron s'est vanté d'avoir « chipé » 140 pilotes à la compagnie irlandaise ces dernières semaines, est au bord de la faillite.

Bref, c'est l'ambiance au sein des compagnies low cost européennes.


>>>Le contenu de la lettre ici<<<