Entreprise

Le patron du géant de l'automobile Volkswagen, encore secoué par le scandale du dieselgate, a justifié vendredi son salaire annuel de 10 millions d'euros par le risque qu'il encourt "en permanence" d'être mis derrière les barreaux. Dans un entretien au magazine Spiegel, Matthias Müller a déclaré ne pas comprendre l'émoi suscité en Allemagne par les rémunérations de chefs d'entreprises.

Selon lui, le salaire d'un dirigeant d'entreprise se détermine selon deux facteurs: l'importance de l'entreprise dans l'économie nationale et les responsabilités et risques reposant sur les épaules du dirigeant. "A ce titre, on a en permanence un pied en prison (...) Vu ces responsabilités, nos salaires se justifient", estime le patron allemand, rappelant que sans le plafonnement mis en place récemment chez VW, il aurait dû toucher non pas 10 mais 14 millions d'euros en 2017.

Deux cadres de VW purgent actuellement des peines de prison aux Etats-Unis, et plusieurs autres sont inquiétés par la justice américaine. Volkswagen est empêtré depuis 2015 dans un vaste scandale à tiroirs concernant des manipulations sur les logiciels mesurant les émissions polluantes de ses moteurs diesel.

Le scandale a coûté en rappels de véhicules et procédures judiciaires quelque 25 milliards d'euros au constructeur. Mais sur le plan financier Volkswagen se porte bien. Le groupe aux 12 marques a renoué l'an dernier avec des profits records, faisant plus que doubler son bénéfice net à 11,35 milliards d'euros.