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Les prix du pétrole montaient mardi à l’ouverture du marché à New York à plus de 90 dollars le baril pour la première fois depuis un peu plus de deux ans, dopé par un nouvel affaiblissement de la monnaie américaine. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier s’échangeait à 90,15 dollars hier après-midi, en progression de 77 cents par rapport à la veille.

"La combinaison de la mise en ordre des affaires de l’Irlande, qui apaise les craintes sur la situation de l’Europe, et de la prolongation des allègements fiscaux aux Etats-Unis, qui soutient les prévisions de demande en pétrole, offre un scénario parfait pour que les prix poursuivent leur progression", a indiqué Phil Flynn, de PFG Best Research.

Le dollar se repliait mardi, sapé par une certaine accalmie des inquiétudes qui pesaient sur l’euro. L’Irlande, dont le plan de sauvetage vient d’être définitivement validé par l’Union européenne, devait voter son budget le plus sévère de l’histoire du pays. Aux Etat-Unis, le président Barack Obama a accepté un compromis sur la question des impôts, incluant une prolongation des allègements fiscaux pour tous les contribuables pendant deux ans, en échange d’un déblocage des allocations chômage.

Le baril a ainsi grimpé jusqu’à 90,76 dollars, son plus haut niveau depuis octobre 2008. Traditionnellement, le mois de décembre reste haussier pour les prix, a précisé Phil Flynn. Une vague de froid en Europe, et dans certaines régions des Etats-Unis, soutenait la demande en pétrole, tout comme les solides chiffres de l’activité manufacturière publiés la semaine dernière dans divers pays, dont la Chine et les Etats-Unis, principaux consommateurs d’or noir.

"Est-ce que la demande s’améliore? Oui", a reconnu Phil Flynn, qui se posait tout de même une autre question: "est-ce que la hausse des prix du brut est auto-suffisante?". "Une grande partie de la demande a été créée par les mesures de relance", a rappelé l’analyste. Il reste cependant que le redressement de la croissance mondiale aura un effet mécanique sur la demande, reste à savoir si cet effet sera tout aussi mécanisque sur les prix.

A plus de 90 dollars, le prix du baril s’installait au-dessus de la "zone de confort" décrite par l’Arabie saoudite, le producteur le plus influent au sein de l’Organisation des pays producteurs de pétrole, l’Opep, ont souligné les analystes de Commerzbank. (AFP)