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Les cours du pétrole évoluaient à la hausse mardi matin, après avoir battu de nouveaux records pendant les échanges asiatiques, les prix étant tirés par la baisse du dollar, la fermeture d'un oléoduc aux Etats-Unis et des troubles au Nigeria. Vers 10H00 GMT à New York, le prix du baril de "light sweet crude" pour livraison en mai montait de 28 cents à 112,04 dollars. Au même moment, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai prenait 40 cents à 110,24 dollars à Londres.

Les prix du pétrole restaient en hausse mardi matin, soutenus par un dollar en baisse, face à l'euro notamment, les cambistes attendant la publication dans la semaine des résultats de grandes banques américaines. Dans les échanges asiatiques, le prix du baril de "light sweet crude" pour livraison en mai avait atteint 112,48 dollars, soit un nouveau record, avant de se replier à 112,33 dollars. Le précédent record de ce brut léger coté à New York avait été établi le 9 avril à 112,21 dollars.

Le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai est quant à lui monté jusqu'à établir un nouveau plus haut à 110,45 dollars, effaçant son record de 110,01 dollars qui ne datait que de la veille.

Lundi, les prix du baril de pétrole avaient déjà établi de nouveaux records de clôture, à 111,76 dollars pour le "light sweet crude" à New York, et à 109,84 dollars pour le Brent à Londres, à la suite de perturbations sur l'offre et d'un nouveau recul du dollar face à l'euro.

Chaque baisse du billet vert, dans lequel sont libellés les prix des matières premières, alimente une nouvelle ruée des investisseurs munis d'autres devises (dont le pouvoir d'achat est ainsi augmenté) et qui veulent se prémunir contre l'inflation.

Les chiffres des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de mars sont attendus mardi et ceux à la consommation mercredi. "Les gros investisseurs sont également peu désireux de liquider leurs positions en pétrole et matières premières alors qu'ils peuvent attendre de meilleurs retours quand les actions classiques seront sous-performantes", ont ajouté les économistes du cabinet Sucden.

Autre facteur de nature à tirer les prix de l'or noir: la fermeture d'un oléoduc exploité par le groupe pétrolier Shell dans le Tennessee (sud). Cet oléoduc, qui approvisionne la région du Midwest et traite 1,1 million de barils de pétrole par jour, a été fermé vendredi après la découverte d'une fissure. Shell ne donne pas de date de réouverture et indique que les réparations sont en cours.

En outre, des incendies se sont déclarés sur les installations de la Naoc, filiale du groupe pétrolier italien Eni, au Nigeria dans le delta du Niger à la suite de sabotages. La perte de production est évaluée à 5.000 barils par jour. Le Nigeria est le premier producteur de brut d'Afrique et le sixième exportateur mondial, avec entre 2,3 et 2,6 millions de barils par jour en moyenne, selon les sources, essentiellement produits dans la région instable du delta du Niger.

Enfin, la hausse des prix a été limitée par l'annonce de la compagnie brésilienne d'Etat Petrobras, qui a déclaré avoir découvert un gisement de pétrole offshore qui pourrait être un des plus importants du monde.

Le nouveau champ pétrolifère, situé dans le bassin de Santos, au large de l'Etat de Rio de Janeiro (sud-est), aurait des réserves estimées à 33 milliards de barils.