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Quelques semaines après les révélations des "Panama Papers", le procès des "Luxleaks" s'est ouvert mardi à Luxembourg, promettant de brasser plusieurs sujets brûlants d'actualité, du statut fragile des lanceurs d'alerte au scandale de l'évasion fiscale. Trois Français, dont un journaliste, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Luxembourg, accusés d'avoir fait fuiter 22.000 pages éclairant les pratiques fiscales de grandes multinationales établies au Grand-Duché. Ils encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

Antoine Deltour, 31 ans, le lanceur d'alerte, est arrivé au tribunal en début de matinée sous les applaudissements et aux cris de "Merci Antoine, Merci Antoine!" lancés par une cinquantaine de manifestants solidaires, a rapporté un journaliste de l'AFP. Il est accusé d'avoir organisé la fuite de ces documents fiscaux du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC), pour lequel il travaillait à Luxembourg.

M. Deltour a confié des documents au journaliste Edouard Perrin, lui aussi poursuivi, qui a révélé le scandale en mai 2012 dans l'émission "Cash Investigation" sur la chaîne publique française France 2. Edouard Perrin, 45 ans, a, lui, été inculpé en avril 2015 pour notament complicité de vol domestique, violation du secret professionnel et violation de secrets d'affaires. Il lui est reproché notamment d'avoir manipulé un autre employé de PwC, Raphaël Halet pour organiser une seconde fuite de documents.

M. Halet, 40 ans, est le troisième homme inculpé. Comme Antoine Deltour, il est poursuivi pour vol domestique, divulgation de secrets d'affaires, violation de secret professionnel et blanchiment.