Entreprise

Match Group, le propriétaire américain des services de rencontres en ligne Meetic et Tinder, va entrer à la Bourse de New York jeudi au prix de 12 dollars par action, a annoncé mercredi soir sa maison mère IAC.

Le prix a été fixé tout en bas de la fourchette initialement prévue de 12 à 14 dollars, un niveau qui confirme une demande probablement pas exubérante et le climat plus tendu ces derniers mois pour les entrées à Wall Street.

La société de paiements mobiles Square, qui fera aussi ses débuts sur le parquet jeudi et fixait parallèlement son propre prix d'introduction mercredi soir, a même été contrainte de vendre ses titres à un prix inférieur à celui initialement prévu.

Le prix retenu pour Match Group valorise l'ensemble de l'entreprise à environ 2,9 milliards de dollars.

Au total 33,3 millions d'actions vont faire leur entrée jeudi sur la plateforme électronique Nasdaq, où elles seront cotées sous le symbole "MTCH".

Cela va permettre de lever quelque 400 millions de dollars, et peut-être même jusqu'à 460 millions en cas d'exercice d'une option de surallocation qui laisse à disposition 5 millions d'actions supplémentaires.

Une partie sera reversée au groupe InterActiveCorp (IAC) du milliardaire américain Barry Diller, dont The Match Group était jusqu'ici une filiale à 100%. La participation d'IAC devrait être ramenée aux alentours de 86%.

Match Group est propriétaire de certaines des marques les plus connues sur le marché des sites de rencontres, avec des opérations en 38 langues et dans plus de 190 pays.

La société détient ainsi Match, Meetic et OkCupid, mais elle dispose surtout d'un actif très en vue avec Tinder, une populaire application mobile qui utilise la position géographique de l'utilisateur pour lui présenter des profils de personnes se trouvant à proximité et susceptibles de lui plaire. L'utilisateur doit ensuite juste glisser du doigt vers la droite ou la gauche de l'écran pour approuver ou rejeter un profil proposé.

Tinder a beaucoup fait parler d'elle cet été après un article du magazine Vanity Fair qui, sous le titre "Tinder ou l'aube de l'apocalypse des rendez-vous", décrivait la manière dont de jeunes Américains utilisaient l'application pour multiplier les partenaires sexuels d'un soir.

Son patron-fondateur Sean Rad avait été pour sa part mis à l'écart pendant cinq mois cette année après des accusations de harcèlement sexuel au sein de l'entreprise, avant d'être rappelé aux commandes mi-août. Et il s'est encore fait taper sur les doigts mercredi pour une interview avec le "Evening Standard" britannique pleine d'anecdotes sur sa vie sexuelle. The Match Group, dont les dirigeants étaient interdits de prise de parole publique dans les jours précédant l'entrée en Bourse, a annoncé dans un très officiel communiqué au gendarme boursier américain (SEC) n'avoir "pas approuvé" l'article.

The Match Group, créé en 2009, s'est beaucoup développé jusqu'ici par des acquisitions. L'une des raisons avancées pour l'entrée en Bourse est de permettre à la société de pouvoir emprunter ou faire des achats plus facilement, en les payant avec ses propres actions.

Le groupe avait encore récemment mis 575 millions de dollars sur la table pour racheter le site canadien de rencontres Plentyoffish. La transaction devrait être bouclée d'ici la fin de l'année.

Tous services confondus, The Match Group revendiquait 59 millions d'utilisateurs actifs à fin septembre 2015. L'entreprise a réalisé un bénéfice net de 85 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2015, pour un chiffre d'affaires de 753 millions, en hausse de 16% sur un an.