Entreprise

Après l'association de consommateurs «UFC-Que Choisir», le parti socialiste a demandé jeudi l'instauration d'un «prélèvement exceptionnel» sur les superbénéfices (ou «surprofits») réalisés par les compagnies pétrolières.« A l'occasion de l'annonce des résultats pharamineux du groupe pétrolier français Total, le parti socialiste renouvelle sa demande de mise en place d'un prélèvement exceptionnel sur les entreprises du secteur pétrolier qui réalisent des superprofits», a déclaré dans un communiqué Alain Vidalies, secrétaire national du PS chargé des entreprises. Et de rappeler que le gouvernement britannique vient de décider de doubler la taxation des profits pétroliers des compagnies exploitant les gisements de la mer du Nord.« Un tel prélèvement est justifié par le constat qu'en période de forte hausse du prix du pétrole, les résultats s'améliorent mécaniquement», ajoute-t-il. « Des profits d'une telle ampleur ne font qu'alimenter la spéculation financière au détriment du pouvoir d'achat et de l'intérêt général. Dans un contexte où les prix du pétrole sont appelés à demeurer durablement élevés, un prélèvement du type de celui proposé par l'«UFC-Que Choisir» permettrait de contribuer à la diversification de nos sources d'énergie et au financement des transports en commun », souligne Alain Vidalies.

Préparer l'après-pétrole

Après en avoir été partisan, le ministre de l'Economie Thierry Breton a écarté jeudi l'idée d'une taxe exceptionnelle sur les profits de Total. Il s'en tient à l'accord conclu en septembre avec les acteurs du secteur pétroliers sur une accélération de leurs investissements en France. Il a également récusé toute comparaison entre la situation de la France et celle de la Grande-Bretagne. « On oublie une chose, c'est que les Britanniques ont des gisements de pétrole et de gaz et nous, c'est fini », a-t-il déclaré.« Ce qui est important pour moi, c'est qu'une partie très significative de ces résultats soit réinvestie sur le territoire national», a-t-il expliqué. « C'est l'engagement que Total a décidé de tenir et qu'il a tenu d'investir, dans les trois ans qui viennent, 3,5 milliards d'euros en France pour moderniser nos infrastructures». Il a également cité les 600 millions d'euros que Total s'est engagé à investir dans la recherche au cours des prochaines années pour préparer l'après-pétrole. Thierry Desmarest, patron de Total, se défend sur le fond en mettant en avant les investissements de son entreprise. Sur les 11,2 milliards d'euros investis en 2005, trois-quarts ont servi à financer de nouveaux projets et un quart a rémunérer les actionnaires.

Le PDG évoque la nécessité de se prémunir contre les OPA, allusion à l'offre surprise lancée par Mittal sur Arcelor. « Si on veut avoir une entreprise pétrolière qui ne se fasse pas avaler, il faut qu'elle ait au moins la taille de Total», a-t-il lancé. (AFP, Reuters)

© La Libre Belgique 2006