Entreprise

A la mi-décembre 2015, les navetteurs devraient enfin identifier clairement la mise en œuvre concrète du RER. Ou plutôt de "l’offre ferroviaire suburbaine", comme ont préféré l’appeler lundi la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant (MR) et le CEO de la SNCB Jo Cornu. Le projet belge s’apparente plus à un renforcement du réseau existant afin d’optimaliser la mobilité dans un rayon de 30 km autour de Bruxelles qu’à la création d’un réseau propre tel qu’il existe à Paris, plaident-ils. Outre l’habillage de l’offre existante par un "label" RER spécifique, l’amélioration promise pour décembre est liée à la finalisation d’une série d’infrastructures. Qu’est-ce à dire concrètement ?

1. Le 13 décembre prochain, le nouveau tunnel Schuman-Josaphat sera ouvert à la circulation des trains. Grâce à lui, la SNCB promet une liaison "importante" entre la ligne Namur/Bruxelles et le Ring ferroviaire Est (Hal-Vilvorde). "Certaines liaisons ne transiteront plus par la jonction Nord-Midi, déjà surchargée, avec pour conséquence plus de flexibilité et une réduction des temps de parcours, notamment vers l’aéroport national", promet la SNCB. Venant du Sud, il ne faudra plus forcément passer par une rupture de charge pour rejoindre Zaventem. Par ailleurs, le train IC Charleroi-Bruxelles-Luxembourg verra son parcours prolongé vers l’aéroport via le tunnel.

2. Des nouvelles gares à l’intérieur de Bruxelles. Fin 2015, et c’est une des demandes entendues par la SNCB, la desserte du quartier européen sera grandement améliorée par la finalisation de la gare multimodale de Bruxelles-Schuman. Celle-ci sera directement reliée avec Louvain. Des trains en provenance de Braine-l’Alleud, Grammont/Hal et Malines y feront également arrêt. La gare de Germoir sera également ouverte aux voyageurs. Située à Ixelles, entre la gare d’Etterbeek et la gare du Luxembourg, elle sera desservie par les liaisons Grammont-Malines via le sud de la capitale et Louvain-Braine-l’Alleud. La SNCB annonce également la "plus que probable" réouverture de la gare désaffectée du site de Tour&Taxis. Des études sont en cours afin de vérifier la capacité de résistance de la gare au trafic d’aujourd’hui, explique la SNCB. Cette gare est incontestablement un atout pour le développement de ce site qui offre le plus gros potentiel en Région bruxelloise. On y prévoit des centaines de logements ainsi qu’un nouveau parc public. Ce nouveau quartier, qui accueille depuis peu les locaux de Bruxelles-Environnement, doit également abriter l’administration flamande. Cette gare reliera Bruxelles à Alost et Termonde. L’ouverture de la gare Arcades (Watermael-Boitsfort) est prévue fin 2016. La zone RER compte 141 gares (81 en Flandre, 33 en Wallonie et 27 à Bruxelles), dont 103 sont connectées au métro, au tram ou au bus.

3. La création d’une identité propre. Le réseau suburbain jouira d’une communication spécifique, avec un site web dédié à "un positionnement promotionnel propre". La SNCB promet également une harmonisation tarifaire et une billetterie associant De Lijn, la Stib et les TEC. Objectif : un ticket unique pour plusieurs modes de transport. Cette visibilité sera évidemment liée à une vitesse commerciale susceptible de concurrencer la voiture, assure la SNCB qui ouvrira 12 000 places de parking supplémentaires pour ses gares RER.

La suite ? LA SNCB espère avoir rempli 90 % des objectifs du RER d’ici la fin 2017. Ces objectifs sont aujourd’hui remplis à 62 %. L’augmentation des fréquences, la mise en circulation de trains supplémentaires, les frais de personnel, les dépenses d’énergie ainsi que la finalisation des travaux liés à la création du RER posent naturellement la question du budget. Tant Jacqueline Galant que Jo Cornu se sont montrés évasifs sur la question. "Les contraintes budgétaires impliqueront des choix", indique la ministre. Des choix conditionnés par les investissements importants qui ont été consentis jusqu’ici pour le RER.

© IPM

Bruxelles attend de meilleures fréquences

Le ministre-Président bruxellois avait largement communiqué sur l’avancée très progressive du dossier RER, les problèmes de mobilité dont souffre Bruxelles demeurant l’un des enjeux majeurs de son mandat. Hier, le socialiste, ainsi que son ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), se montraient satisfaits du timing de la SNCB. À un bémol près. "Le gouvernement bruxellois considère cette annonce comme une première étape et regrette, malgré les bons contacts établis ces dernières semaines, d’apprendre cette information par la presse" , disaient les deux hommes dans un communiqué. Pour cause, la communication du tandem Jacqueline Galant-Jo Cornu ne fut en rien concertée avec les autorités régionales. "Il y a encore beaucoup de zones d’ombre" , ajoutait Pascal Smet. "L’offre ferroviaire telle que proposée bientôt par la SNCB est une première étape nécessaire, qui va dans le bon sens , admettent les représentants du gouvernement bruxellois. Mais la Région ne pourra se satisfaire de ce plan de transport mis en œuvre à l’occasion de la mise en service du tunnel Schuman-Josaphat ." La Région de Bruxelles-Capitale attend surtout que la SNCB augmente sensiblement les fréquences dans la zone RER. Pour qu’on puisse vraiment parler de Réseau express régional.