Entreprise

En attendant son rapport prévu pour décembre 2006 (au lieu de février 2006), le Conseil économique et social de la Région wallonne (CESRW) vient de publier un portrait synthétique intermédiaire de la Wallonie. Le document intitulé «Regards sur la Wallonie 2005», coordonné par un économiste de la maison (Philippe Boveroux), dresse un tableau sévère, mais réaliste du sud du pays. La comparaison de la Wallonie avec 15 RETI est pleine d'enseignements. Le PIB par habitant en parité du pouvoir d'achat s'élevait en 2002 respectivement à 17841 € et à 24478 € en Wallonie et en Flandre. Parmi les RETI, seule la région des Asturies présente un PIB (17086 €) inférieur à celle de la Wallonie. Sur la période 1996-2002, la croissance du PIB/hab a été de 27,5 pc en Wallonie contre une moyenne de 32,2 pc pour les 25 pays européens.

En 2003, le taux d'emploi des 15-64 ans en Wallonie était de 55,4 pc contre 62,9 pc en Flandre. Ici aussi, seules les Asturies ont un taux inférieur (53,4 pc) alors que les RETI britanniques et néerlandaises ont enregistré un taux d'emploi dépassant les 70 pc en 2003. En ce qui concerne les jeunes (15-24 ans), les écarts sont encore plus importants. En 2003, il est de 20,8 pc dans le sud du pays contre une moyenne de 41 pc pour les RETI allemandes, il frôle les 30 pc pour les régions françaises (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine).

Problème de logements

Quid des secteurs? Sur la période 1996-2000, marquée par une forte croissance économique, 63140 emplois salariés ont été créés en Wallonie contre 17285 entre 2000-2003. Les pertes d'emplois salariés ont été sévères dans le secteur secondaire (12000 emplois perdus entre 1996-2003). Mais la chimie, les travaux de métaux et de l'industrie agroalimentaire ont créé près de 4000 emplois entre 1996-2000 et plus de 1100 entre 2000-2003. Le secteur des services a enregistré un taux de croissance de 4 pc durant ces deux périodes: 87000 emplois salariés y ont été créés entre 1996-2003. Au total, la Wallonie a enregistré une croissance nominale annuelle moyenne de 3,4 pc et créé plus de 80000 emplois salariés, mais 18000 indépendants sont passés à la trappe. «Les 4 branches les plus contributives à la croissance sont l'administration publique, les services aux entreprises, les activités immobilières et la santé», résume le CESRW. Les grandes métropoles (Liège, Charleroi) connaissent une croissance moins rapide

Les experts du CESRW se sont aussi intéressés aux ménages wallons. En 2004, on dénombrait près de 1,433 million de ménages wallons. En 2001, le revenu disponible des ménages wallons est inférieur de 3,3 pc par rapport à la moyenne belge et de 6,5 pc par rapport à celui des Flamands. La situation des logements a aussi été étudiée. En 2004, la Wallonie comptait 103200 logements sociaux en location. «Avec un taux de rotation de 8000 logements et 43000 demandes annuelles par an, on se rend vite compte qu'il y a un problème d'offre», note Philippe Boveroux.

© La Libre Belgique 2005