Entreprise Le couple royal a visité Trakk, hub créatif namurois à l’origine de belles innovations.

Oubliez piles et batteries. La Wattlight est une lampe frontale qui fonctionne uniquement grâce à la chaleur du corps humain. Le Roi et la Reine ont pu vérifier que cela fonctionne, jeudi, à l’occasion d’une visite à Namur.

La conceptrice du projet, Colienne Demain, une ingénieure civile passée par l’Agence spatiale européenne, a pu leur faire une démonstration. "Votre lampe fonctionne uniquement avec l’énergie que vous produisez avec votre corps ?", a questionné le roi Philippe. "Oui, et comme j’ai chaud, ça marche bien", a souri la jeune femme. La technologie qu’elle a développée permet en effet de transformer la chaleur humaine en énergie électrique.

Wattsonyou, la future société de Colienne Demain, dont Wattlight est une des concrétisations, a pu prendre forme au départ d’un événement organisé il y a plusieurs mois dans les locaux de Trakk, à Namur (Salzinnes), où étaient Philippe et Mathilde jeudi matin. La commercialisation devrait commencer au plus tard en décembre 2017, 50 précommandes ayant été enregistrées.

Rencontres improbables

Trakk, que le couple royal a voulu mettre en évidence, est ce que l’on appelle un "tiers-lieu" (ou hub créatif, selon la terminologie utilisée). Il s’agit d’un lieu d’échanges et de rencontres entre personnes issues de disciplines et d’horizons différents, dans le but de susciter des créations et des innovations. Ce fut le cas, par exemple, de deux jeunes entreprises, Thingsplay et Superstrong.

La première a conçu un boîtier électronique permettant de mesurer en continu la qualité de l’air dans des lieux déterminés. La seconde lui a apporté l’interface Web permettant d’accéder aux données en temps réel. Ce projet "représente bien l’esprit collaboratif véhiculé par le Trakk", estime Remy Chauveau, de Superstrong.

A l’origine de Trakk, on retrouve Gilles Bazelaire, le fondateur du Kikk festival, un festival international des cultures numériques et créatives qui se tient chaque année à Namur et réunit quelque 15 000 personnes de 50 nationalités différentes.

"Avec Trakk, l’idée, c’était en quelque sorte de rendre permanent ce qu’on avait trois jours par an avec le festival", sous un format évidemment très réduit, explique M. Bazelaire.

En 2014, les planètes se sont alignées. D’une part, le BEP (le Bureau économique de la province de Namur) était prêt à soutenir la création d’un "Fablab" - littéralement : un laboratoire de fabrication, c’est-à-dire un atelier proposant des outils numériques, dont une imprimante 3D. Et, d’autre part, la Wallonie (via Creative Wallonia) soutenait la mise en place de hubs créatifs. A l’automne 2014, Trakk et son Fablab étaient nés.

Expansion future

Le hub namurois se caractérise par l’attention qu’il porte à l’économie circulaire, aux nouvelles technologies et à la dimension artistique des projets. Comme tout "tiers-lieu", il se doit aussi de participer au développement économique de sa région - il accède ainsi aux financements européens Feder.

Le concept de "tiers-lieu", bien que méconnu en Belgique, se développe rapidement. Il peut s’agir d’un lieu éphémère ou permanent. Celui de Namur ne tardera pas à connaître une forte croissance. Alors qu’il ne compte que cinq entreprises en son sein pour le moment, il déménagera en 2019 vers des locaux beaucoup plus grands (2 000 m²) pouvant accueillir jusqu’à 150 postes de travail.