Entreprise

Il ne faut se voiler la face : la récession est là, et bien là. Sur l’ensemble de l’année 2012, les économistes d’ING Belgique tablent sur une croissance négative de 0,1 %, tirée vers le bas par un mauvais début d’année.

Il est vrai, comme le souligne Philippe Ledent, que l’actualité n’est pas de nature à doper le moral des ménages belges et à le pousser à consommer : prix élevé des produits énergétiques, crise de la zone euro et mesures d’économie adoptées par le gouvernement pèsent sur la confiance.

Le salut de l’économie belge pourrait dès lors venir de l’étranger. "Le cycle de la croissance belge est fortement corollé à l’évolution du commerce mondial", note Philippe Ledent. Et là, il y a quelques signes encourageants du côté des Etats-Unis, où la situation économique s’améliore, et des pays émergents, où la croissance reste forte. "Cela devrait donner une forte impulsion pour la Belgique." Reste à voir si la Belgique est à la hauteur. Un étude menée voilà un an par les économistes d’ING avaient montré que l’Allemagne bénéficiait plus de la croissance des pays émergents que la Belgique.

Cette fois, Philippe Ledent et Julien Manciaux se sont intéressés à la structure de nos exportations. En fait, onze secteurs globaux pèsent plus de deux milliards d’euros d’exportations par an, ce qui représente quelque 75 % du total. Quatre secteurs concentrent même 40 % des exportations.

Le champion toutes catégories est le secteur pharmaceutique, qui pèse 12 % des exportations. La croissance des exporations de médicaments a été de 450 % entre 2002 et 2010. Epoustouflant. Cela est dû en partie par le fait que la Belgique est devenue un centre de distribution pour l’Europe de médicaments importés. Mais il y a aussi une croissance importante de la production propre. "Le ratio de nos exportations est plus important que celui de nos importations", note Philippe Ledent.

Les véhicules représentent 9 % des exportations. C’est la star déchue. Jusqu’en 2007, les véhicules représentaient le premier poste d’exportation. Depuis lors, les volumes exportés ont chuté de presque 60 %, relève Julien Manciaux. En termes de valeurs, cela reste plus ou moins la même chose. "Nos exportons des produits avec plus de valeur ajoutée qu’auravant", analyse l’économiste d’ING Belgique.

Les hydrocarbures (9 %), la chimie organique (8 %) et les plastiques (7 %) complètent le tableau.

Le secteur des tapis/carpettes n’a pas échappé au radar d’ING Belgique, même s’il ne pèse "que" 1,5 milliard d’exportations. Sa performance n’en est pas moins remarquable puisque la balance commerciale est dans le vert de l’ordre de 1,3 milliard !

Autre axe de l’étude, une comparaison avec nos principaux voisins (Allemagne, Pays-Bas et France) et concurrents. Premier constat : la structure des exportations est quasiment identique en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Par rapport à l’Allemagne, la Belgique a accru ses parts de marché dans les secteurs des médicaments, des produits pétroliers et de la bière.

Le commerce des diamants patine en Belgique alors que l’Allemagne enregistre une croissance de ces exportations. La comparaison avec les Pays-Bas et la France est également défavorable à la Belgique pour les diamants. Nous souffrons également de la comparaison pour le secteur des machines électriques, mécaniques et optiques. " Dans les secteurs traditionnels, nous avons un problème de compétitivité par rapport à l’Allemagne et aux Pays-Bas ", commente Julien Manciaux. "Ce ne sont pas nécessairement des secteurs en déclin mais où nous sommes en perte de vitesse. Il y a donc lieu d’investir pour les rendre plus compétitifs."