Entreprise

Le voyagiste Thomas Cook s’est effondré mardi à la Bourse de Londres, après avoir annoncé être en discussion avec ses banques pour financer sa dette face à la détérioration accélérée de son activité. A la clôture, l’action a perdu 73,53 % à 10,88 pence, dans un marché en baisse de 0,30 %. Le titre a dévissé de plus de 90 % depuis le début de l’année et certains analystes évoquent désormais un risque de faillite. Le numéro deux du secteur en Europe est en discussion avec ses principales banques créancières sur ses facilités de crédit "en raison d’une détérioration commerciale dans certaines activités sur le trimestre en cours". La dette nette du groupe atteignait 900 millions de livres (1 milliard d’euros) fin septembre mais il se dit en mesure de faire face à ses obligations financières à l’heure actuelle.

Thomas Cook a également repoussé la publication de ses résultats annuels - initialement prévue pour jeudi - jusqu’à l’issue de ces discussions, précisant que le résultat opérationnel pour l’exercice clos le 30 septembre serait globalement en ligne avec ses prévisions, c’est-à-dire légèrement bénéficiaire. Les performances de Thomas Cook ont été plombées par l’impact sur le tourisme des troubles dans les pays arabes et par une activité en berne au Royaume-Uni comme en France, qui l’ont obligé à revoir plusieurs fois à la baisse ses objectifs et à priver les actionnaires de dividendes.

Cette nouvelle annonce intervient seulement un mois après un nouvel accord avec les banques du groupe, qui lui avait offert plus de flexibilité financière et une nouvelle ligne de crédit. "On peut légitimement se demander si Thomas Cook a la capacité de survivre à long terme", a souligné James Hollins, analyste chez Evolution Securities.

Face à ce vent de panique, le directeur général par intérim, Sam Weihagen, a tenté de rassurer, en assurant que l’entreprise restait "robuste". Le groupe a toutefois été contraint de réduire sa flotte de 41 à 35 avions pour aligner la capacité sur la demande et il pourrait fermer jusqu’à 200 agences. Il a aussi prévu de se débarrasser de quelque 200 millions de livres d’actifs. La vacance du pouvoir à la tête du groupe ajoute encore aux difficultés: l’ancien directeur général Manny Fontenla-Novoa a été contraint à la démission cet été et son successeur n’a toujours pas été nommé. Son grand concurrent TUI Travel, qui doit publier ses résultats annuels le 5 décembre, a reculé dans son sillage mardi, perdant 9,23 % à 136,7 pence à la clôture. (AFP)