Entreprise Les pilotes menacent d’actions un employeur jugé "intransigeant".

Le ton monte de nouveau entre la direction de Ryanair et les pilotes de la compagnie irlandaise. La semaine dernière, deux bases européennes, Madrid et surtout Londres-Stansted, l’aéroport qui compte le plus de staff de Ryanair, ont rejeté la nouvelle offre de primes de la direction.

De quoi donner des ailes au conseil européen des représentants des employés de Ryanair (EERC), organisation non reconnue par la compagnie, qui évoque désormais ouvertement une possibilité de grève. "Bien qu’aucun pilote ne souhaite faire grève, parfois, c’est la seule manière d’amener un employeur intransigeant à un accord satisfaisant", explique un document envoyé par l’EERC à l’ensemble des 4 200 pilotes de Ryanair et dont "La Libre" a eu copie.

Pour rappel, la compagnie irlandaise a dû annuler 20 000 vols jusqu’à mars prochain par manque de pilotes disponibles. La question est désormais de savoir si le premier transporteur aérien d’Europe va devoir supprimer davantage de vols à la suite d’un mouvement de grogne de ses pilotes. L’option est, en tout cas, clairement sur la table. "Nous devons considérer cette possibilité (de grève) afin de s’assurer d’avoir une voix qui compte à la table des négociations", poursuit le document.

Mais que veulent exactement les pilotes ? Ces derniers exigent tout d’abord que Ryanair arrête de négocier des augmentations salariales base par base. Une technique visant à "diviser pour régner", selon les pilotes qui veulent des discussions impliquant l’ensemble des 87 bases de Ryanair.

Pensions et congés durant l’été

La lettre de l’EERC est ainsi accompagnée d’un document précis d’une dizaine de pages de revendications valables pour la totalité des pilotes. Parmi celles-ci, on trouve notamment la volonté d’avoir un contrat dépendant du pays dans lequel les pilotes sont basés et non plus un contrat irlandais comme c’est le cas actuellement. Au niveau des salaires, le document évoque des montants annuels allant de 60 000 euros (ou livres sterling) bruts pour les pilotes débutants à 150 000 euros pour les commandants de bord.

Les pilotes demandent de pouvoir être représentés au sein d’une organisation qui ait pignon sur rue (actuellement Ryanair ne reconnaît aucun syndicat) et dont les membres ne sont pas menacés de représailles par la compagnie. Tout un processus de démarches en cas de conflits sociaux est aussi détaillé, ainsi que des critères de transparence pour l’attribution des bases pour les travailleurs.

Enfin, les pilotes veulent, entre autres, pouvoir prendre des congés pendant l’été, être payés durant leur stand-by, pouvoir avoir des boissons et repas gratuits dans l’avion, ne plus devoir payer leurs hôtels lors des transferts ou encore disposer d’un plan de pensions et de soins de santé pris en charge par l’entreprise.