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Fortis n’a pas réagi officiellement après le prononcé du jugement, mardi, sur le coup de 13 h. Par contre, ses avocats étaient visiblement heureux de la décision du tribunal de commerce. "Je suis évidemment satisfaite, car le tribunal a prêté attention au bon fonctionnement des différentes institutions financières (Fortis holding, Fortis Banque, BNP Paribas, NdlR)", s’est réjouie Françoise Lefèvre, avocate de Fortis holding. "C’est important car, c’est l’un des principaux arguments sur base desquels nous avons plaidé." A l’issue de la séance, au tribunal, tous les avocats des défendeurs se sont congratulés. "Bon retour aux Pays-Bas !" plaisantait l’un d’eux à l’adresse de l’avocat de l’Etat néerlandais, qui venait d’obtenir la confirmation de l’immunité de juridiction qu’il avait plaidée. Par contre, du côté des demandeurs, le ton était évidemment plus grave. "Nous ne sommes pas satisfaits", a réagi Mischaël Modrikamen. "A ce stade, nous nous inclinons devant la décision du tribunal mais allons examiner la possibilité d’interjeter appel. La conséquence serait que tout le contentieux serait porté devant cette juridiction, selon le principe d’évocation." La décision sur le fond reviendrait donc à la cour d’appel plutôt qu’au tribunal de commerce. Me Modrikamen estime que le tribunal s’est écarté de la jurisprudence de la cour d’appel à propos de l’immunité de juridiction. "Il n’y a pas eu de nationalisation au sens de la loi", dit-il. L’avocat n’a pas non plus été convaincu par les arguments qui ont conduit au rejet de certaines demandes préalables, telles que la mesure consistant à interdire à BNP de faire disparaître le nom Fortis Banque. Me Modrikamen dit prendre cette décision "avec humilité" mais affirme qu’elle "n’entame en rien (sa) détermination à continuer le combat des actionnaires".