Le troc se professionnalise

PAR SANDRINE VANDENDOOREN Publié le - Mis à jour le

Entreprise / Emploi

ÉCLAIRAGE

Vous avez une télévision, une machine à laver, un GSM, une paire de ski ou une guitare à vendre... Vous pouvez, bien sûr, tenter votre chance dans les brocantes ou par la voie des petites annonces. Mais depuis quelques années, vous pouvez aussi vous rendre dans des magasins comme Troc International (lire ci-dessous) ou autres dépôts-ventes, qui ont fait de l'occasion, leur métier. Dans la plupart des cas, le vendeur n'empochera son argent qu'une fois la vente réalisée. La chaîne Cash Converters, qui compte 12 magasins dans le pays, propose, elle, de «payer cash» la personne qui vient lui revendre son bien. A cette fin, les magasins disposent, chacun, d'une zone d'achat où des acheteurs professionnels reçoivent les personnes souhaitant se défaire de produits qu'ils n'utilisent plus. «Les acheteurs de Cash Converters examinent la marchandise qu'ils reçoivent, vérifient l'état de fonctionnement et fixent un montant qui est directement remis au vendeur», explique Stéphane Logé, le directeur général de Yellow Store, la société qui détient la licence d'exploitation de la franchise Cash Converters pour la Belgique. L'autre particularité de la formule, qui concerne cette fois les amateurs de seconde main, c'est que tous les articles, proposés à un prix de 25 euros et plus dans les Cash Converters, sont garantis pendant 60 jours. «On professionnalise le marché de la seconde main», estime M. Logé.

«Les articles achetés aux particuliers sont en général revendus dans les Cash Converters à un prix qui équivaut en moyenne au double du montant perçu directement par le vendeur». De quoi donner une marge confortable au franchisé qui se lance dans l'aventure Cash Converters. Et ici, contrairement aux brocantes, le client ne peut pas marchander.

Depuis l'ouverture du premier Cash Converters en Belgique, en 1997, le nombre de produits achetés par la chaîne n'a cessé d'augmenter. Le stock compte aujourd'hui 1,5 million d'articles. En 2002, 107.000 personnes se sont présentées dans la zone Achat des magasins pour proposer leurs produits. Dans le même temps, 273000 personnes y ont acheté 580.000 articles de seconde main. Quels sont ces produits? Cela va du matériel tv-hifi-vidéo à l'électroménager en passant par les consoles de jeux, les GSM, les ordinateurs et autres outils de bricolage. On y trouve aussi des bijoux, du matériel de golf, des bancs de musculation, etc.Le concept, né en Australie et présent dans 29 pays (526 magasins franchisés au total), fait son nid en Belgique. En 2002, le chiffre d'affaires des 12 magasins - lesquels emploient 80 personnes - a atteint le chiffre de 10,5 millions d'euros, ce qui représente une hausse de 40 pc par rapport à 2001. C'est que le marché de la seconde main a la cote en Belgique. «Les Belges achètent et vendent de plus en plus de choses en occasion. C'est le cas depuis longtemps pour les voitures ainsi que pour les meubles et les objets de décoration via les brocantes. Cela va rentrer aussi dans les moeurs pour notre gamme de produits», explique le responsable. «Le problème, c'est que l'on ne trouve pas assez de vendeurs (NdlR: des particuliers, principalement). Nous avons une forte rotation des stocks; un magasin bien géré vend, en général, son stock en 2 mois». Pour l'heure, la plupart des magasins sont situés en Wallonie (2 à Bruxelles). «Nous voulons nous étendre en Flandre. Nous espérons ouvrir l'an prochain un point de vente à Gand et nous renforcer sur Bruxelles». Afin de toucher une clientèle plus large, la chaîne dispose, depuis mars, d'un site Internet (www.cashconverters.be), où sont présentés 70000 articles. «Les clients ne peuvent pas acheter en ligne, mais ce site leur permet de trouver les articles recherchés et de s'informer de leur prix et de l'adresse des Cash Converters qui les vendent».

© La Libre Belgique 2003

Publicité clickBoxBanner