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Ason tour, l’Institut de recherches économiques et sociales de l’UCL (Ires) a livré jeudi ses prévisions pour la croissance du Produit intérieur brut belge pour 2012. Plus pessimiste que la Banque Nationale et la Fédération des entreprises de Belgique qui ont avancé respectivement un score de 0,5 % et de 0,2 %, il estime que celle-ci devrait s’établir à -0,3 % alors qu’en octobre, il tablait sur une croissance de 1,5 %. Ces prévisions confirment le scénario d’une "récession légère".

"Cette révision importante se justifie par la prévision d’une évolution faible ou négative de toutes les composantes de la demande (consommation, investissement, dépenses gouvernementales et commerce extérieur)", explique l’Ires. La baisse est justifiée aussi par "l’étendue de la crise de confiance et l’ampleur de l’ajustement budgétaire prévu dans l’accord de gouvernement", dit-il.

Dans le détail, l’institut universitaire prévoit une hausse du nombre de chômeurs, de 38 000 unités en 2012, alors que celui-ci a diminué de 11 000 unités en 2011. Par ailleurs, après avoir augmenté de 58 000 unités l’année dernière, l’emploi ne devrait plus augmenter que de 4 600 unités en 2012. "Cette faible performance découle de la piètre croissance du PIB que nous prévoyons et du fort recul des intentions d’embauches au cours des derniers mois. La dégradation du marché du travail fera grimper le taux de chômage, de 6,6 % de la population active actuellement, à 8,2 % fin 2012", commente l’Ires.

L’indice des prix à la consommation redescendrait quant à lui à 2,2% en 2012, contre 3,5% en 2011, ce qui correspond aux projections du Bureau fédéral du Plan. Compte tenu de l’objectif budgétaire fixé, le déficit budgétaire des administrations publiques serait réduit à 2,8 % du PIB en 2012. L’Ires prévoit encore une baisse des exportations (-0,6 %) et des importations (-0,4 %) de la Belgique en 2012.

Le ralentissement de l’activité se poursuit dans la plupart des grandes économies mondiales, notamment en zone euro, tandis que des "signes forts" d’amélioration sont perceptibles aux Etats-Unis et au Japon, avance pour sa part, jeudi, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Ces indicateurs sont conçus pour anticiper les points de retournement de l’activité économique, rappelle le club des pays les plus riches de la planète. Pour les principales économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie) ainsi que pour le Royaume-Uni, ils continuent de signaler un ralentissement de l’activité, dont le rythme est en-deçà de sa tendance de long terme.