Les 10 start-up belges dont on va (re)parler en 2017
- Publié le 05-01-2017 à 16h28
- Mis à jour le 05-01-2017 à 16h59

Ils sont jeunes pour la plupart, au moins d'esprit , souvent informaticiens, ingénieurs, ou les deux, et se sont lancés dans l'aventure entrepreneuriale. Une forte dose de créativité, un savoir-faire dans la récolte de fonds, et les start-up qu'ils ont lancées trouvent une belle clientèle de grandes entreprises. Ou sont courtisées par elles.
Jean-Pol Detiffe

C'est l'une des "pépites" du Biopark de Gosselies. Logée au sein de l'Institut de Pathologie et de Génétique, la société de biotechnologie OncoDNA a franchi un nouveau cap, en 2016, qui devrait lui permettre d'accélérer le développement de ses activités au cours des prochains mois. OncoDNA - fondée en 2012 par Jean-Pol Detiffe (ex-pharmacien d'industrie) et spécialisée dans l'analyse complète (ADN et protéines) des tumeurs - a réalisé, en septembre dernier, l'une des plus importantes levées de fonds de l'année écoulée, en Belgique francophone. L'opération, menée par François Blondel, a permis de faire passer les fonds propres de 1,1 à 8,8 millions d'euros. Outre les actionnaires historiques (Bio.be, Sambrinvest, Jean Stéphenne, Jean-Pol Detiffe et François Blondel), OncoDNA a convaincu le holding flamand AvH de monter à bord. "C'est à la fois un signal fort et une très belle reconnaissance !", se réjouissait M.Blondel lors de l'annonce de l'opération. OncoDNA emploie déjà une vingtaine de personnes et a généré "quelques millions d'euros" de revenus en 2016.
Loïc Bar

Loïc Bar, 28 ans, est l'entrepreneur dont on parle beaucoup actuellement. Et il devrait en être encore le cas cette année. Cofondateur et CEO de la start-up wallonneOpinum, ce jeune informaticien et sa quinzaine de collaborateurs sont en train d'engranger les contrats auprès de quelques grosses "boîtes" belges. Fin décembre, c'est le groupe Proximus qui faisait appel à son application Opisense pour gérer les données de consommation des 14 000 compteurs énergétiques (dans les bâtiments, centraux, répartiteurs, etc.) de l'opérateur télécoms. Avant ça, Opinum avait déjà convaincu Lampiris, EDF Luminus, Microsoft Belgique et AG Real Estate. Des administrations communales figurent également parmi les premiers clients de la start-up de Braine-l'Alleud. "Notre activité s'inscrit dans la stratégie visant à réduire l'empreinte carbone de la société, confie Loïc Bar. On pointe souvent l'industrie du doigt. Or, au plan mondial, 40 % des émissions de CO2 émanent des bâtiments". Il est fort à parier que, cette année, Opinum sortira des frontières belges.
Michaël Van Cutsem

Le but de Michaël Van Cutsem, CEO et fondateur d'Helpigo, est de mettre de l'huile dans les rouages du marché de l'emploi. Sa plateforme met en relation directe des demandeurs d'emploi et des entreprises qui paient un abonnement. Le business attire financiers, particuliers et professionnels. Ici, le succès appelle le succès. Le principe de cette "place de marché" est assez classique, pourtant, puisqu'elle permet aux candidats de trouver des emplois vacants, et aux entreprises de trouver des candidats… en trois clics. On l'aura compris, Helpigo répond de manière simple à l'urgence des situations en présence, notamment dans des secteurs à forte rotation de personnel comme l'horeca.
Jeroen De Wit

Elue start-up de l'année, en février 2016, lors du "Tech Start-up Day" organisé par Startups.be, l'entreprise gantoise Teamleader est aujourd'hui clairement entrée dans la catégorie restreinte, en Belgique, des "scale-up". En témoigne la grosse levée de fonds (10 millions d'euros !) opérée en novembre auprès de son actionnaire historique, Fortino Capital. Teamleader est spécialisée dans des logiciels en ligne (SaaS, pour "Software-as-a-Service") pour la gestion des relations clients (CRM) et la vente, la planification de projets, l'enregistrement du temps et la facturation. Teamleader, cofondée et dirigée par Jeroen De Wit, a connu une croissance exponentielle depuis sa création en 2012. D'abord active dans la sphère des PME belges, la société s'est progressivement développée aux Pays-Bas, en Allemagne et en Espagne. Aujourd'hui, son portefeuille de clients compte déjà plus de 4 000 entreprises. Et ce n'est qu'un début… Au printemps prochain, l'entreprise, qui compte déjà une centaine de collaborateurs, ouvrira un bureau à Paris. L'Italie est également dans le viseur. Jeroen De Wit ne cache plus l'ambition de Teamleader : devenir, à terme, le leader du marché européen dans le segment des PME.
François Torche

CluePoints, start-up basée à Mont-Saint-Guibert, a terminé 2016 sur les chapeaux de roues : en novembre, elle a obtenu le feu vert de la puissante administration américaine des médicaments et de l'alimentation (Food and Drug Administration) pour un accord de collaboration en matière de recherche et développement. CluePointspropose, sous la forme de "Software-as-a-Service" (SaaS), de tester et valider la qualité et l'intégrité des données des centres études cliniques préalables aux mises sur le marché des molécules, traitements et dispositifs médicaux. Pour l'entreprise fondée par Marc Buyse et dirigée par François Torche, un tel accord est une opportunité commerciale unique, puisqu'elle lui ouvre les portes d'un marché gigantesque. CluePoints vise un chiffre d'affaires de 3 à 4 millions en 2017. Et la rentabilité !
Nicolas de Kerchove

Nicolas de Kerchove est aux manettes du jeu Apocalypse Hunters… et surtout de l'équipe qui bosse en arrière-plan. Apocalypse Hunters est un jeu pour smartphones qui, à l'instar de Pokémon Go, recourt à la géolocalisation et à la réalité virtuelle ou augmentée. En développement depuis deux ans, ce jeu pourrait enfin se faire connaître auprès du grand public. On susurre à cet égard que la start-up belge aurait noué des contacts prometteurs avec le géant japonais Nintendo qui fait, précisément, un come-back exceptionnel… dans les jeux vidéo sur portables. Nintendo s'est fixé à cet égard des objectifs de production annuelle propres à susciter des options collaboratives. Comme d'autres entreprises belges actives dans ce secteur (du type Fishing Cactus, à Mons), celle-ci attire des talents particuliers dans un environnement "geek" à souhait.
Walter Van Uytven

A l'instar de Teamleader (lire page précédente), Awingu est en passe de devenir l'une des "success stories" de l'écosystème pour start-up créé à Gand. L'année 2016 aura été faste pour cette société spécialisée dans le développement de logiciels permettant aux collaborateurs d'une entreprise d'accéder partout, et au départ de n'importe quelle plateforme, à leurs applications sur tablettes, smartphones et autres solutions portables. Fin juin, les deux actionnaires de référence de Awingu - le fonds d'investissement Pamica de Michel Akkermans et le groupe Proximus - ont apporté un financement complémentaire de 2,65 millions d'euros afin de permettre à la "scale-up" dirigée par Walter Van Uytven de poursuivre son expansion internationale. En septembre, Awingu était sélectionnée, avec dix-sept autres sociétés européennes innovantes, pour participer au programme "Europe Comes to Silicon Valley" (SEC2SV). Si son siège principal se trouve à Gand, Awingu a déjà ouvert des bureaux à San Francisco et New York. Parmi ses partenaires, on trouve, excusez du peu, des noms tels que Google, HP Enterprise ou encore Microsoft. Awingu, qui a déjà levé un total de 18 millions de dollars, emploie une petite trentaine de personnes. Et ce n'est, à l'évidence, qu'un début.
Dominique Mangiatordi

Quelques mois après avoir vendu Peak Me Up à Efficy, le "serial entrepreneur" liégeois Dominique Mangiatordi s'est lancé dans une nouvelle aventure, en octobre dernier, en rebaptisant sa société Royal App Force en Øpp. Le but reste la "gamification" de processus métier : CRM, gestion des ressources humaines, recrutement… Par contre, l'approche commerciale change. Øpp veut faire office d'atelier de création et de couveuse d'applications mobiles destinées à trouver acquéreur commercial ou industriel. Øpp sera à la source du concept et du choix des processus à "gamifier". Elle se dit toutefois ouverte à propositions venant d'entreprises tierces.
Antoine Dessart et Jonas Douin

Antoine Dessart et Jonas Douin, ingénieurs civils de formation, ont créé une solution de logistique pour colis sur le mode collaboratif. Leur app Hytchers relie des destinations de colis avec des trajets programmés par des transporteurs occasionnels. Occasionnels ? Le principe est en effet éloigné de celui du géant Uber, puisqu'il ne s'agit ici que de réduire le coût des déplacements personnels, carburant ou assurances. C'est le "crowdshipping", avec un aspect durable indéniable : on ne consomme pas du carburant supplémentaire pour une livraison, on partage. Hytchers assure que la déviation maximale par rapport au trajet initial du transporteur occasionnel est inférieure à cinq minutes. Les colis sont déposés dans des stations d'essence proches des destinataires, aux termes d'un accord de collaboration avec une grande marque de distribution de carburant.
Jérôme Wertz

Jérôme Wertz dirige Phasya, une entreprise de développement de programmes d'analyse de données physiologiques, et plus précisément la surveillance de l'activité oculaire, permettant notamment de déceler les phases de somnolence. Techniquement, Phasya produit donc des lunettes énormes, encore plus horribles que celles de Google, mais dont les fonctions pourraient sauver des vies, notamment dans les secteurs des transports, automobiles, autocars, trains, etc. Clairement, les logiciels de la jeune entreprise devraient s'étoffer sur base de relevés physiologiques complémentaires pour fournir des solutions spécialisées. Et les lunettes sont appelées à changer de look. Les experts de Phasya sont en passe d'introduire une approche réellement novatrice dans une foule d'entreprises, ce qui se soldera par des demandes, des commandes, du cash et des bénéfices. A tenir à l'œil en 2017 !