Entreprise Elle table sur une hausse de plus de 6 % de ses ventes en 2017. L’exportation, clé de la croissance.

L’histoire et l’avenir se côtoient à quelques dizaines de mètres dans l’enceinte de la brasserie St-Feuillien.

C’est d’une part une brasserie ultra-moderne, qui a supporté la production de plus de 40 000 hectolitres en 2016, contre 18 000 hectolitres voilà un peu moins de 20 ans, en 1998. C’est d’autre part l’ancienne brasserie, qui vient d’être restaurée pour offrir un nouvel espace de dégustation et de séminaire.

Cinquante mètres séparent les deux ailes. Elles symbolisent l’évolution de la brasserie : il y a les valeurs sûres - la St-Feuillien, bien entendu - mais aussi une gamme enrichie de nouveautés.

Il y a les nouveautés permanentes, comme la Saison (2009) ou la Saint-Feuillien Grand Cru (2011). Il y a aussi les nouveautés éphémères, comme la nouvelle édition dévoilée vendredi dans les caves rénovées de l’ancienne brasserie.

"L’idée de proposer des bières en édition limitée est née en 2015, explique Benoît Friart, président du conseil d’administration. Nous voulions développer des brassins spéciaux pour apporter quelque chose de créatif et d’inventif à côté de notre gamme."

Une première bière en édition limitée a été proposée en 2016. La deuxième est désormais disponible. Elle a pour nom la Barley Wine from St-Feuillien, "une bière éphémère qui va je l’espère marquer son temps", sourit Alexis Briol, maître-brasseur.

Cette bière est éphémère car sa production est limitée : quatre brassins de 90 hectolitres ont été effectués. Et quand il n’y en a plus, il n’y en a plus.

Quant à la bière elle-même, Alexis Briol souhaite casser les codes afin de pouvoir proposer de nouvelles expériences aux consommateurs. Le brassage est cette fois dit "de concentration". Cette concentration permet d’avoir "plus de concentration de sucre, ce qui apporte plus de bouche à la bière", souligne le maître brasseur. La garde est prolongée de huit semaines avec macération de copeaux d’acacia. "C’est une bière à boire à l’aise chez soi le soir ou avec des amis."

Le produit est avant tout destiné au marché belge et sera disponible en exclusivité chez Colruyt dans la grande distribution.

L’exportation est pourtant le vecteur de développement de la Brasserie St-Feuillien alors que le marché belge est plutôt difficile pour tout le monde avec une consommation tournant autour des 70 litres de bière par personne par an.

Près de 14 millions d’investissements

La part des exportations dans l’ensemble de la production est ainsi passée de 18 % en 2010 à 41,50 % l’an dernier. "Et ce n’est vraiment pas fini, assure Philippe Deraedt, managing director. Les bières belges ont une superbe réputation. Il y a encore un grand potentiel, notamment dans les pays limitrophes."

A elle seule, la France absorbe deux-tiers des volumes exportés, grâce notamment à la présence de la St-Feuillien dans la grande distribution. Les Pays-Bas offrent aussi de belles opportunités. "Notre chance c’est qu’ils produisent très peu de bières spéciales ou artisanales." Le marché belge n’est pas pour autant oublié. Les bières de St-Feuillien seront plus présentes dans le Nord du pays. La Chine est prometteuse alors que les Etats-Unis sont en perte de vitesse (chute de 20 % des volumes en 2016), notamment en raison de l’éclosion de milliers de micro-brasseries locales.

De quoi pouvoir nourrir pas mal d’ambition pour l’année 2017. "Nous espérons atteindre ou dépasser les 43 000 hectolitres de production", explique Dominique Friart, administrateur-délégué, avec à la clé un chiffre d’affaires grimpant vers les 10 millions d’euros, contre 9,278 millions l’an dernier.

L’évolution est soutenue par un vaste programme d’investissements, de près de 14 millions d’euros depuis 2005, dont 45 % en fonds propres. "Nous avons investi dans les bâtiments, dans l’outil, dans le matériel."