Entreprise Selon ces spécialistes, il y a 40 % de chances que le géant à la pomme s’offre le service de vidéo en ligne.

Les analystes de Citigroup qui suivent la stratégie des grands groupes de médias s’attendent à ce que le géant américain technologique Apple profite de la conjoncture actuelle pour s’offrir un des joyaux qui manque à sa couronne : un service de "streaming vidéo" à la hauteur de ses ambitions en la matière. La conjoncture, de leur point de vue, est porteuse pour Apple qui va pouvoir rapatrier à des conditions fiscalement intéressantes le trésor de guerre qui dort dans des filiales étrangères. Selon les analystes du groupe financier, Apple pourrait ramener aux Etats-Unis quelque 220 milliards de dollars après avoir payé l’impôt forfaitaire de 10 % conforme aux dispositions de la récente réforme fiscale portée par l’administration Trump. Il y a là de quoi faire son marché, bien entendu.

Une belle prime à payer ?

Et, compte tenu de l’orientation d’Apple dans la distribution de contenus, il y a aussi l’occasion d’acheter un bijou du secteur de la distribution de vidéos en ligne : Netflix. Pour acquérir cette perle et rester en phase avec la concurrence, Apple n’aurait jamais qu’à débourser un gros tiers de son trésor rapatrié. Pour les analystes de Citi, la probabilité d’une telle prise de contrôle est de plus en plus importante : ils l’ont même évaluée à 40 %. Sur le Nasdaq, cette Bourse dédiée aux valeurs technologiques américaines, cette hypothèse est prise très au sérieux et hier, aux premières heures de cotation de l’année, le titre Netflix progressait de plus de 4 %, se rapprochant de ses sommets historiques, juste au-dessus des 200 dollars. C’est que, même si l’action Netflix est déjà très chère, évaluée en Bourse à près de 200 fois les bénéfices, les actionnaires espèrent qu’en cas d’offre, Apple paierait une solide prime par rapport aux cours récents. Il n’est pas rare ces temps-ci de voir les acheteurs sécuriser leur offre par le paiement d’une prime de 30 à 40 %.

Est-ce là une bonne affaire, potentiellement, pour Apple ? Le marché semble le penser : alors que le groupe Apple fait face à une situation propre à peser sur sa valorisation, avec le problème des iPhones ralentis volontairement, son action progressait hier dans la perspective de ce rapprochement éventuel. Eventuel, parce que rien d’officiel n’a filtré sur cette opération. Et que l’hypothèse émise par les spécialistes des fusions et acquisitions de Citigroup fait place à une précédente estimation portant sur une fusion Apple/Disney.