Entreprise

The Cookware Company et sa marque GreenPanTM, Eddy Merckx Cycles et Exki sont quelques-uns des fleurons nationaux à avoir récemment fait le grand saut vers les Etats-Unis. Comme eux, des dizaines de sociétés belges frappent chaque année à la porte de la Chambre de Commerce belgo-américaine (Belcham) pour trouver de l’aide à leur projet d’implantation aux Etats-Unis.

De là est née l’idée d’"Atelier", un incubateur pour entrepreneurs du plat pays à New York. "Je recevais beaucoup de coups de fil de personnes à la recherche d’une adresse légale aux Etats-Unis ou de conseils pratiques. Nous avons décidé de structurer notre offre pour mieux répondre à leurs besoins", explique Bieke Claes, avocate de formation, qui a pris ses fonctions comme directrice exécutive de Belcham en juin 2012, et n’a pas ménagé ses efforts pour voir le projet aboutir.

L’ouverture, en janvier 2014, de cet espace en plein cœur de Manhattan a été annoncée en grande pompe au gala annuel de la Chambre, devant un parterre de dirigeants belges et américains. "C’est une première pour la Belgique et une première européenne", s’est félicité Chris Burggraeve, le président de Belcham, au cœur du projet.

"Atelier" s’inspire des nombreuses pépinières d’entreprises et autres espaces de "co-working" qui fleurissent dans des locaux souvent désertés des grandes villes américaines, suite à la crise économique. La banque KBC disposait ainsi d’un espace vide dans ses bureaux de Manhattan. Avec le soutien de 14 sociétés partenaires, un contrat sous-locatif a été signé entre Belcham et KBC pour l’installation de 81 postes de travail au 7e étage de la banque.

"Notre volonté est d’aider les sociétés belges à réaliser leur rêve américain, plus vite et mieux", affirme Chris Burggraeve, ancien directeur marketing d’AB Inbev, aujourd’hui à la tête de sa propre compagnie de conseil.

Qui seront les candidats belges à l’aventure ? "Atelier" s’adresse aux petites et moyennes entreprises ayant déjà fait leurs preuves en Belgique. "Notre mission n’est pas de lancer des start-ups mais de les accompagner dans leur expérience à l’international, de leur offrir un tremplin. Si elles veulent être pertinentes aux Etats-Unis, nous pouvons les aider", poursuit Chris Burggraeve. La demande du secteur des technologies est forte, mais "Atelier" sera ouvert à tous, à certaines conditions.

Les sociétés candidates doivent répondre à trois critères : avoir un concept établi, une bonne santé financière et, surtout, la volonté de produire un effet multiplicateur en Belgique. "Nous ne sommes pas intéressés par les sociétés qui veulent quitter la Belgique. Notre mission est de créer un pont entre notre pays et les Etats-Unis. Pour chaque emploi créé ici, nous espérons que plusieurs emplois seront à terme créés chez nous. Par exemple, une compagnie informatique qui emploiera des programmeurs en Belgique. C’est ce que nous appelons l’effet multiplicateur", explique le duo Claes-Burggraeve.

Selon Belcham, qui cite des études américaines, en moyenne, pour un poste créé par une compagnie étrangère aux Etats-Unis, trois emplois sont créés à domicile.

L’Atelier ne veut pas pour autant exister en vase clos belgo-belge. Cette "couveuse" d’entreprises innovantes donne aussi un accès direct à toute une série de parrains et de marraines, parmi les 400 membres de Belcham, mais aussi auprès des investisseurs américains. "L’accès au capital-risque aux Etats-Unis est très difficile si vous êtes une start-up en Belgique, en France ou en Allemagne. Les venture capitalists ne s’intéressent en général pas à une société qui ne dispose pas d’une adresse ici", poursuit le président. Au final, les usagers d’"Atelier" devraient bénéficier d’un véritable "effet de levier" relationnel, grâce au réseau bien implanté de la Chambre de Commerce belgo-américaine. Ils trouveront aussi un "pot commun" de ressources dans lequel ils pourront puiser : avocats spécialisés, comptables, stagiaires, et des tarifs négociés pour toutes sortes de services, comme les billets d’avion. Et ceci, pour un loyer compétitif, en moyenne 500 dollars mensuels par poste de travail, adaptable selon les profils.

Contrairement à d’autres initiatives du même genre à New York et dans la Silicon Valley, Belcham ne prend aucune participation dans les sociétés accueillies dans l’incubateur. "Nous sommes un organisme indépendant à but non lucratif", précise Bieke Claes. La jeune trentenaire est persuadée que l’union fait la force. "Dans le passé, les entrepreneurs qui réussissaient le mieux étaient ceux qui étaient les plus compétitifs. Mais aujourd’hui, dans un monde global et interconnecté, les personnes qui ont le plus d’avenir sont les meilleurs collaborateurs. Avec ‘Atelier’, nous voulons établir des collaborations des hauts niveaux qui profitent à tous." Welcome to New York !