Entreprise

Michel de Launoit et Gregory Goemaere, deux des quatre fondateurs du site communautaire Akamusic, sont aux anges. Un an après le lancement de leur plateforme de musique en ligne, les objectifs du "business plan" ont été largement dépassés, ont-ils révélé à "La Libre".

Petit rappel de ce qui fait l’originalité d’Akamusic.com. La plateforme, apparue en mars 2008, permet à des artistes de faire produire leur disque par les internautes qui achètent en ligne des parts de production d’une valeur unitaire de 5 euros. Une fois l’objectif atteint (soit 15 000 euros pour un single et 50 000 pour un album), Akamusic accompagne l’artiste dans la production et la promotion. Le tout est soutenu par un modèle unique de gestion des recettes : 40% reviennent à l’artiste (ce qui est très attrayant au regard de ce que proposent les "majors" et labels indépendants), 40% vont aux internautes-producteurs et 20% à Akamusic. Lesdits producteurs toucheront également 40% des droits d’édition (en plus de recevoir un CD "collector" de leur artiste).

"Après une année d’activités, annoncent MM.de Launoit et Goemare, nous avons atteint la production de vingt-huit artistes alors que nous avions mis la barre à douze." Akamusic a également dépassé ses objectifs en termes de montants investis par les internautes (900 000 euros au lieu de 600 000) et de nombre de producteurs. "Nous pensions pouvoir rassembler, après un an, quelque 6 000 internautes-producteurs. Nous en sommes déjà à 21 000, dont 13 000 Français, se félicite le duo. En moyenne, chaque projet de production réuni 300 contributeurs. On a donc relevé le défi de créer, autour de chaque artiste Akamusic, des communautés dans l’esprit du web 2.0." A ces chiffres flatteurs, on peut encore ajouter les 6 000 artistes s’étant affichés sur Akamusic, dont la moitié ont ouvert un compte de production. Des artistes qui proviennent largement de Belgique et de France, mais aussi du Congo, du Cameroun et même de Los Angeles. Disponible en français et en anglais, Akamusic disposera prochainement d’une version espagnole, de quoi attirer des artistes et producteurs de l’importante communauté hispanophone.

Cerise sur le gâteau, l’an un s’est clôturé avec le signature d’un contrat de distribution - en ligne mais aussi chez les disquaires - des productions Akamausic avec la "major" Universal Music France. De quoi, on s’en doute, ouvrir de nouvelles portes aux artistes produits, qui vont pouvoir bénéficier de la force de frappe commerciale d’Universal en France, en Belgique et en Suisse.

Akamusic a mis en place d’autres outils de promotion de "ses" artistes. En mars dernier s’est ouvert un "Akashop", qui offre la possibilité aux internautes d’acheter des fichiers MP3 au prix unitaire de 0,99 euro. D’autre part, des partenariats ont été conclus avec Indigo Studio et Flagey, à Bruxelles, pour l’organisation de plusieurs concerts Akamusic par an. Un partenariat similaire a aussi été noué avec Le Réservoir à Paris.

Michel de Launoit et Gregory Goemare, qui détiennent chacun un tiers du capital d’Akamusic à travers leurs sociétés Tourne Sol Production et Yswood (le dernier tiers étant aux mains d’investisseurs privés), maintiennent leur objectif d’atteindre l’équilibre financier d’ici le printemps 2010. Ils s’en tiennent surtout aux fondements de leur démarche : jouer les intermédiaires entre artistes et internautes "en toute neutralité". En d’autres mots, pas question de favoriser l’un plutôt que l’autre. "Le service offert par Akamusic est identique pour tout le monde", assurent-ils. Une spécificité qui démarque la start-up bruxelloise des "majors" et autres labels musicaux.