Entreprise

Même s’il n’a pas la même importance que dans les pays anglo-saxons, le mécénat d’entreprise joue un rôle essentiel dans la diffusion de la culture et la conservation du patrimoine en Belgique. Une nouvelle preuve en a été donnée lundi soir, lors de l’attribution des Caïus de la fondation Prométhéa, au palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Composé de sept membres venant des univers de l’entreprise et de la culture, le jury était présidé par Corinne Boulangier, une jeune directrice de La Première pour laquelle la culture n’est pas un vain mot.

Suite dans les idées

Au fil des ans – c’était la 25e remise des prix du mécénat culturel – ce sont les actions pérennes ou “structurelles” qui recueillent le plus de suffrages. Elles suscitent aussi l’admiration car sont le fruit d’une suite dans les idées permettant un travail en profondeur, notamment dans le tissu social.

Tel est le cas de GDF Suez, Caïus du mécénat d’entreprise pour son partenariat depuis 2009 avec le festival de l’Eté mosan. Chez GDF Suez, on aime et connaît la musique, surtout classique. C’est la dimension d’intégration sociale qui a séduit les jurés : GDF Suez redistribue les billets reçus en échange de son partenariat, via la Croix-Rouge, à des Centres publics d’action sociale (CPAS) et à des centres de réfugiés. Une nouvelle convention de trois ans lie l’entreprise à l’Eté mosan jusqu’en 2015.

A sa manière, l’assureur Ethias travaille lui aussi en profondeur. Son engagement auprès des Journées du patrimoine en Wallonie, de l’ASBL Article 27 et de l’Association des centres culturels peut sembler disparate. Mais, entre ces partenariats pluriels et multidisciplinaires, Ethias se fait fort d’établir des ponts, des synergies comme on dit, qui ajoutent une valeur importante à une action, récompensée hier soir par le Caïus du mécénat sociétal.

Parmi ces partenariats structurels, certains prennent des formes diverses : partenaire des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, la société de gestion de patrimoine “Treetop Asset Management” intervient autant dans le financement d’expositions que dans des campagnes d’affichage, l’achat de matériel d’exposition ou la restauration d’œuvres. Ainsi, un triptyque de l’exposition consacrée à Roger de la Pasture (voir ci-dessous), en cours au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, a-t-il retrouvé toute sa lumière, tout son éclat notamment grâce à l’intervention de “Treetop”, Caïus 2013 du mécénat culturel.

Les partenariats dits “de compétence” sont souvent plus ponctuels. “Art & Build Architect” reçoit le Caïus du premier mécénat grâce à la réalisation d’une maquette au 1/20e du et pour le musée Horta. Le Caïus de l’audace revient à “Solar-tech” pour son ingénieuse illumination de la statue de Jan Pieter Minckelers à Maestricht.

Enfin, une heureuse convergence fait que le musée et jardins van Buuren, à Uccle, est le bénéficiaire de deux partenariats récompensés. La Banque Degroof reçoit le Caïus de la tradition de mécénat pour son accompagnement, depuis 20 ans, de ce joyau Art Déco, avec ses collections allant du XVIe au XXe siècle. Soutien au long cours permettant d’élaborer des expositions temporaires, mais aussi de rénover le bâtiment ainsi que des jardins dus à Jules Buyssens (la roseraie) et à René Pechère.

Bis repetita

Jardins classés que la société Lexiago a contribué à restaurer en traitant de nombreux éléments de ferronnerie comme arceaux de roseraie, tonnelle, grilles, garde-corps et gratte-pieds. Déjà récompensée pour la rénovation du puits de Sainte-Renelde à Saintes, Lexiago reçoit le Caïus du mécénat du patrimoine 2013.

Caïus comme à chaque fois original. Cette année, le sculpteur liégeois Xavier Mary s’est fendu d’un “Digital Monolithe” en forme de cube tronqué, réalisé grâce à un programme de modélisation en trois dimensions. De quoi accumuler les niveaux d’interprétation.