Entreprise La société du Louviérois s’engage à maintenir l’emploi en son sein et à rembourser pour moitié ses créanciers.

Quatre-vingts votes pour, quatre contre et une poignée d’abstentions : la majorité des créanciers de Productions du Dragon a validé jeudi le plan de remboursement proposé le 20 février dernier par la société belge du groupe de Franco Dragone. Le verdict est tombé au terme de plus de deux heures de joutes verbales… dans une chaleur étouffante. Il faut dire que les travailleurs et créanciers de la société de l’artiste louviérois s’étaient déplacés en masse jusque dans la toute petite salle d’audience du tribunal de commerce de Mons pour assister à la scène du jour. Franco Dragone était présent, de même que le bourgmestre de La Louvière, le socialiste Jacques Gobert.

Pour rappel, Productions du Dragon, dit aussi "PDD", est actuellement en procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Alors que le conseil du chorégraphe devait jadis déposer un plan de redressement auprès de l’instance montoise pour le 20 septembre 2016, il avait préféré opter pour une pirouette judiciaire (prévue par la loi) en introduisant une demande de changement d’objectif de la procédure, en l’occurrence un transfert d’entreprise sous contrôle judiciaire. Au terme de la dernière audience de l’année 2016, soit le 24 octobre, le tribunal montois avait décidé de prolonger de cinq mois, soit jusqu’au 25 mars 2017, le sursis dont bénéficie actuellement "PDD". Au regard d’une série de manquements constatés dans le chef de l’entreprise, l’instance avait par ailleurs désigné un mandataire de justice chargé d’établir les comptes 2015 et 2016 de la totalité du groupe. Le 20 février dernier, la société a déposé un plan de redressement auprès du greffe du tribunal de commerce de Mons.

Simplifier les structures et les flux

Fin du suspense donc, celui-ci a été avalisé hier par une majorité des créanciers. Dès l’entame de l’audience, Me Salteur, l’avocate de Productions du Dragon, a tenu un discours résolument rassurant : "Tout le monde aura pu constater que la société a un véritable plan d’affaires qui démontre la viabilité de la société et qui traduit les efforts mis en place par la direction pour assurer le suivi des projets en cours." Et la même de poursuivre : " Nous avons également déposé un plan de trésorerie basée sur des hypothèses réalistes et prudentes. Nous envisageons par ailleurs une simplification des structures et flux financiers de la société. Cette dernière sera composée de nouvelles équipes. Enfin, elle mettra en place une véritable politique de simplification de ses coûts. " Le plan de redressement en question assure le maintien total de l’emploi au sein de la société louviéroise et prévoit le remboursement à 50 % de toutes les créances (sauf celle de la Société régionale d’investissement de Wallonie, qui se fera dans son intégralité) sur une période de 42 mois. La totalité des créances externes s’élève à 1,5 million d’euros.

Exit le scénario de la faillite

A noter que celles qui sont inférieures à un montant de 3 500 euros HTVA devront être honorées pour le 30 juin 2017 au plus tard. "Certes, j’abandonne la moitié de ma créance, confie un créancier présent sur place, mais c’était cela ou la faillite." Un peu plus tôt lors de l’audience, Laurent Arnauts, l’avocat d’Yves Delacollette, l’ancien associé de Franco Dragone, avait pour sa part "invité le tribunal et le parquet à prendre leurs responsabilités" quant à un éventuel report de vote du plan, s’interrogeant entre autres sur la réelle bonne information des créanciers ainsi que sur le respect de l’ordre public. Le tribunal doit encore statuer lundi prochain sur l’homologation du plan de réorganisation judiciaire tel qu’approuvé ce jeudi par les créanciers.