Entreprise Afin de se conformer aux directives de la Commission européenne qui estime que le secteur postal belge est en situation de monopole, les conditions d'obtention d'une licence postale pour opérer en Belgique vont être modifiées. Alexander De Croo, le ministre de tutelle (Open VLD), a annoncé vendredi que le conseil des ministres a donné son feu vert en première lecture au projet de la nouvelle loi postale. Il est actuellement soumis au Conseil d'Etat.

Trois aspects de la loi vont être abrogés : l'obligation de couvrir tout le territoire en l’espace de cinq ans, la distribution du courrier deux fois par semaine et l’application de tarifs uniformes pour chaque client en l’espace de deux ans. Et c'est ce dernier point qui inquiète le groupe parlementaire Ecolo-Groen. Il craint une ubérisation du secteur postal en Belgique ainsi qu'une future disparité des tarifs sur le territoire national. Le député Gilles Van den Burre a interpellé Alexander De Croo sur cette question en Commission Infrastructure mercredi dernier.
"La disparition de l'obligation d'appliquer un tarif uniforme sur tout le territoire permettra demain, par exemple, à un nouvel opérateur postal de distribuer le courrier à prix cassés au sein d'une zone urbaine comme la Région bruxelloise et de demander des prix prohibitifs pour d'autres régions du pays plus reculées ou moins densément peuplées", a-t-il lancé. "Comptez-vous prendre des mesures visant à compenser ces éventuels impacts en termes de dumping social, de concurrence déloyale (guerre des prix, utilisation de faux indépendants), de différences de prix importantes entre les différentes régions du pays ? ", a demandé Gilles Vanden Burre au ministre. "Ce projet de loi garantit des conditions de travail de qualité pour le secteur postal. Il prévoit des conditions sociales équitables pour ses travailleurs, principalement au niveau des emplois contractuels, ce qui permettra de lutter efficacement contre le dumping social et la fausse indépendance", a répondu Alexander De Croo.

Cette réponse n'a pas satisfait le député Ecolo. "L'enjeu du débat, c'est que cette nouvelle loi n'ouvre pas la porte à l'ubérisation du secteur. Car on pourrait imaginer le pire : de nouveaux opérateurs postaux, de véritables 'entreprises cow-boys' pratiquant le dumping social, qui utiliseraient des faux indépendants ou qui choisiraient des marchés de niche intéressants pour le courrier, en cassant les prix. S'ils tuent les marges, il y a un danger de nivellement par le bas", déclare Gilles Vanden Burre.

Ecolo-Groen veut alors que le ministre mette en place "des garde-fous, des contreparties pour garantir la qualité de l'emploi et empêcher l'ubérisation du secteur". Un débat parlementaire sur la nouvelle loi postale belge s'ouvrira en septembre.