Entreprise

Les 187 Etats membres du Fonds monétaire international cherchaient samedi à Washington à établir au moins un "diagnostic commun" sur la crise économique et financière traversée par la planète et surtout l'Occident, qui restait divisé sur les solutions.

Européens et Américains se sont entendus sur peu de choses ces dernières semaines, alors que les marchés financiers étaient de plus en plus en proie à la panique.

"Les tensions sur la dette publique et bancaires en Europe sont les risques les plus sérieux auxquels sont confrontés l'économie mondiale", a affirmé le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner devant l'assemblée semestrielle du Comité monétaire et financier international (CMFI), l'instance qui définit les orientations politiques du Fonds monétaire international.

Parlant au nom de l'Union européenne, le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn a estimé que le tableau était plus compliqué. Il a appelé à différencier les Etats de la zone euro selon la profondeur de leur problème: "les répercussions négatives de la situation unique de la Grèce sont regrettables, parce que la mise en oeuvre du programme en Irlande et au Portugal donne des signaux positifs".

Ce discours ne satisfait pas Washington, qui presse la zone euro de "trouver une solution définitive aux problèmes de la région".

"Des mesures supplémentaires pour accroître la capacité effective de ces engagements sont toujours nécessaires afin de créer un pare-feu contre une contagion plus grave", a insisté M. Geithner samedi.

"La menace de défauts de paiement en cascade, de ruées sur les banques et de risque de catastrophe doit être écarté, sinon cela sapera tous les autres efforts à la fois en Europe et mondialement", a-t-il poursuivi, selon le texte de son discours transmis à la presse.

Au milieu de cette joute transatlantique, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, une Européenne qui inspire la confiance aux Etats-Unis, a appelé à trouver un terrain d'entente.

"Mon espoir est à qu'à l'occasion de ces assemblées annuelles nous ne résolvions pas nécessairement tous les problèmes, car nous ne pouvons pas décider de tout, mais que nous nous rassemblions efficacement pour établir un diagnostic commun", a-t-elle dit vendredi devant le conseil des gouverneurs du Fonds.

Le CMFI doit publier une déclaration commune en début d'après-midi, vers 17H00 GMT.

Jeudi soir, les ministres des Finances et banquiers centraux des pays riches et émergents du G20 avaient conclu une réunion à Washington sur une déclaration commune offrant de bonnes intentions, mais renvoyant les mesures concrètes à début novembre.

Les pays dits Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), à la croissance beaucoup plus vigoureuse, montraient une certaine impatience.

"Aujourd'hui, on peut dire que nous avons une décennie perdue devant nous. Il est encore plus évident que le rythme de la croissance sera faible", a souligné le ministre des Finances russe Alexeï Koudrine, cité par l'agence Interfax.