Entreprise

Après le repli de 15,1 % des exportations wallonnes en 2009 à cause de la crise économique, les entreprises du sud du pays ont retrouvé de la vigueur sur les marchés mondiaux. D’après les chiffres annuels communiqués lundi, confirmant l’information déjà parue dans nos éditions précédentes (LLB 24/03), les ventes des entreprises wallonnes à l’étranger ont augmenté de 14,8 % (non prise en compte du transit de gaz) pour un montant total de 38,7 milliards d’euros en 2010 contre des rentrées de 33,7 milliards en 2009. "C’est la croissance la plus forte depuis l’année 2000. Non seulement, il y a un effet de rattrapage, mais il a été plus rapide. Cette performance est essentiellement le résultat du dynamisme des pays émergents et en développement d’Asie et d’Amérique latine qui ont offert de nombreuses opportunités à nos entreprises. C’est aussi le résultat d’une politique délibérée de soutien à nos entreprises menée via l’Awex", a commenté Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon de l’Economie et du Commerce extérieur.

Mais à l’exception de la France qui enregistre une hausse moins importante de ses exportations (+ 13,7 %), la Wallonie fait moins bien que ses voisins : + 20,3 % pour la Flandre, + 20,4 % pour les Pays-Bas et + 19,4 % pour l’Allemagne. "Ces régions voisines enregistrent certes une augmentation de leurs exportations plus importante que la nôtre en 2010, mais elles ont aussi connu un taux de décroissance de leurs exportations bien plus important (moyenne de - 17,8 %) que celui de la Wallonie en 2009 (- 15,1 %)", dit-il. Il souhaite que les entreprises, sans délaisser les pays BRIC, investissent davantage l’Asie du sud est et de l’Afrique du Sud.

Les exportations wallonnes ont enregistré, en 2010, une hausse de 17,6 % hors Union européenne des 27 membres (UE27). A l’intérieur de celle-ci, la hausse est de 14 %. Elles ont connu une hausse plus prononcée vers l’Océanie (+ 38 %); l’Amérique latine (+ 29,6 %) notamment au Brésil, au Chili, en Argentine et au Pérou; en Extrême-Orient (+ 28,1 %), principalement en Thaïlande, au Japon, au Vietnam, en Malaisie, à Singapour et à Taïwan.

Les entreprises wallonnes affichent également une belle performance en Asie centrale avec une croissance des exportations de 26,9 % et au Moyen-Orient (+ 10,1 %). Hors de l’UE27, les ventes des produits wallons vers la Turquie et la Suisse ont connu un essor spectaculaire en 2010 avec respectivement + 86,1 % et + 48,3 %. Les entreprises osent désormais vendre sur des marchés jadis considérés comme difficiles, d’où l’augmentation de leurs ventes dans des pays comme l’Ukraine (+ 40,7 %) ou encore la Russie (+ 27,8 %). Les échanges avec l’Afrique ont enregistré un repli de 7,6 %.

Les produits chimiques restent le premier poste d’exportation, suivis des métaux, des machines et équipements ainsi que des matières plastiques (voir infographie). Les secteurs des pôles de compétitivité affichent une certaine vigueur. En 2006, ils représentaient 42 % des exportations wallonnes contre 48 % en 2010.

Les chiffres indiquent que la Wallonie est désormais la Région qui sauve la Belgique. Elle affiche une balance commerciale positive de 9,4 milliards d’euros en 2010 contre un surplus commercial négatif de 2,2 milliards d’euros pour la Flandre et - 5,6 milliards pour Bruxelles. C’est donc grâce à la Wallonie que la Belgique a affiché une balance commerciale positive de 1,6 milliard l’an dernier. Elle a atteint son niveau de 2008 à 97,5 % contre 95 % pour la Flandre. Elle représente 19,9 % des exportations belges contre 78 % pour la Flandre et 2,2 % pour Bruxelles. "La balance commerciale est un signe de bonne santé économique. Sans la Wallonie, la Belgique aurait une balance négative de 7,8 milliards d’euros. Avec cette performance de la Wallonie, on peut plus difficilement nous demander de rééquilibrer les échanges. Ces chiffres démontrent qu’il faut arrêter de seriner la perception de la Wallonie d’il y a 20 ans comme étant la réalité", nous a confié Philippe Suinen, patron de l’Agence wallonne à l’exportation (Awex).