Entreprise

C’est un audacieux challenge que s’est fixé le Français Olivier Brisac en lançant KillmyBill, un nouveau site de comparaison des offres télécoms, énergie, finance et assurance. En effet, ce créneau est déjà occupé par Test-Achats et de nombreux acteurs spécialisés comme Astel. Sans compter que les régulateurs de l’énergie et des télécoms proposent également leurs outils.

Très simple d’utilisation et convivial, KillmyBill a l’avantage de concentrer différents services sur un seul site. Il propose également quelques fonctionnalités intéressantes comme le calcul des intérêts en fonction de la somme placée sur son livret d’épargne.

Qu’apporte KillmyBill par rapport aux comparateurs existants ?

Nous avons une façon différente de faire de la comparaison. Toute la pédagogie en amont est assez unique. En outre, nous présentons en détail les différentes offres. Les autres comparateurs le font plus ou moins bien mais nous avons l’avantage de regrouper plusieurs univers.

Test-Achats compare aussi différents produits sur un seul site.

Test-Achats est payant. Et son modèle économique n’est pas complètement compatible avec la comparaison objective et neutre. Test-Achats a la réputation de parfois un peu orienter ses enquêtes. KillmyBill est 100 % indépendant et ne vit que de ce business.

Quelles sont vos sources de financement étant donné que votre site est gratuit ?

Nous sommes en discussion avec les différents opérateurs afin qu’ils nous rémunèrent lorsqu’un client signe un contrat en provenant de notre site. D’ici la fin de l’année, un accord devrait être signé avec l’ensemble des acteurs. Cependant, nous aurions préféré importer le modèle français. En France, quand un client arrive sur le site d’un fournisseur en provenance d’un comparateur, ce dernier est d’office rémunéré. Peu importe qu’un contrat soit signé ou pas.

Pourquoi ne pas avoir adopté ce modèle en Belgique ?

On a constaté que les opérateurs belges sont très timides, ils ont peur d’être comparés. Selon eux, la comparaison risque de les dévaloriser. Ils n’ont pas assez confiance en leurs produits. En tant que nouvel acteur, nous n’avons pas pu imposer le modèle français. Imaginez que le fournisseur d’énergie Mega ne convertisse aucun de nos internautes en clients. Cela signifie que nous n’avons aucun intérêt à travailler avec eux. A terme, cela peut poser des problèmes d’indépendance même si dans les faits nous ne changerons pas notre comportement.

Comment garantir votre indépendance alors que vous êtes rémunérés par les entreprises que vous évaluez ?

Electrabel, Lampiris ou Mega sont payés de la même façon. Nous n’avons pas pu imposer notre modèle mais bien notre grille tarifaire. Il n’y a donc pas de risque d’avantager un acteur par rapport à l’autre.

Selon vous, la nouveauté de KillmyBill est qu’il compare la qualité et pas uniquement les prix. Comment faites-vous pour les télécoms ?

Aujourd’hui, le régulateur des télécoms ne réalise pas d’étude sur la qualité des réseaux. L’analyse qualitative est donc dans le contenu rédactionnel. En ce qui concerne les polices d’assurance, nous sous-traitons à un courtier.

Quelle est votre ambition ?

Nous sommes petits mais ambitieux. Dans plusieurs années, nous aimerions être le premier comparateur privé. Cela sera plus difficile de se battre avec les acteurs publics.