Entreprise

Omar Mohout est devenu une personnalité incontournable de l’écosystème des start-up en Belgique. Lui-même ancien entrepreneur dans le domaine des technologies, il agit désormais comme expert auprès de "jeunes pousses" et de diverses organisations. Il enseigne aussi l’entrepreneuriat à l’Antwerp Management School et, depuis peu, à la Solvay Brussels School (ULB). Il est aussi actif, en tant qu’expert, au sein du Centre collectif de l’industrie technologique (Sirris). C’est à ce dernier titre qu’il a pris la bonne habitude d’agir en véritable comptable de tout ce qui se passe en matière de start-up technologiques en Europe.

Chaque trimestre, Omar Mouhout dresse ainsi un inventaire exhaustif de différents indicateurs qui témoignent de l’activité des start-up et, plus spécifiquement, des "scale-up" technologiques. La scale-up se distingue par un degré de maturité plus avancé que la start-up, mais sans être encore une société pleinement établie. Certains parlent de sociétés innovantes en hypercroissance. Dans ses analyses, M.Mohout parle de scale-up dès lors qu’une société a pu lever, au cours de la période sous examen, un montant d’au moins 750 000 euros ou 1 million de dollars.

"La Libre" a pu prendre connaissance du dernier "European Scaleups Report" rédigé par M.Mohout. Il concerne les trois premiers mois de 2017. Voici ce qu’on peut en retenir.

1 Moins de capitaux levés, mais davantage de "deals".

Si on en juge par les capitaux levés au cours du premier trimestre, l’activité a faibli en comparaison avec le premier trimestre de 2016 : au total, les fonds de capital à risque ont injecté 3,75 milliards d’euros dans des scale-up européennes. On était au-delà des 4 milliards voici un an. "La différence est due principalement à Spotify qui avait levé 1,3 milliard au 1er trimestre 2016", explique Omar Mohout. L’expert belge note aussi un ralentissement des levées de fonds en Grande-Bretagne. Un effet du Brexit ? "Il faudra voir si les prochains trimestres révèlent un effet structurel." Toujours est-il que Londres cède sa place de numéro 1 à Berlin (voir notre infographie). Mais si moins de fonds ont été levés, le nombre de "deals" a, lui, été plus important. L’expert a dénombré 466 opérations de levée de fonds réparties sur 21 pays au cours du 1er trimestre. Avec une petite surprise : 110 de ces "deals" ont été réalisés en France, qui prend donc le dessus sur la Grande-Bretagne (91) et l’Allemagne (62). La Belgique se classe à une très honorable neuvième place avec 14 "deals".

2 Les "FinTech" font la course en tête.

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