Entreprise

Les négociations sociales au sein de l'enseigne Mestdagh, qui est en restructuration et qui prévoit de se séparer de 340 travailleurs d'ici la fin de l'année (sans fermeture de magasins), ont tourné au vinaigre lundi, annonce le syndicat CNE.

Un mouvement de grève "de plusieurs jours" qui concernerait les 52 supermarchés intégrés du groupe pourrait survenir dès mardi. Il se poursuivrait même au finish dans certains magasins, même si le front commun syndical n'en donne pas le mot d'ordre.

Syndicats et direction ont enchaîné, vendredi et ce lundi, deux journées complètes de discussions autour du plan social, qui repose entièrement sur la prépension à 56 ans, et sur l'avenir de l'enseigne après la restructuration. Dès vendredi, les pourparlers étaient "très tendus", signale Danny Dubois, permanent CNE. "La direction pensait que nous allions conclure un accord lundi mais ce n'était pas envisageable."

"Aucune marge dans la négociation"

Les syndicats ont exposé leurs demandes précises à la direction qui, lundi et selon le front commun, "n'a pas bougé d'un pouce". "Elle ne nous laisse aucune marge dans la négociation", affirme Danny Dubois. Si, face au refus des représentants du personnel, le groupe Mestdagh a renoncé à ouvrir ses magasins les jours fériés, la direction resterait inflexible quant aux mutations obligatoires des travailleurs, c'est-à-dire devoir travailler dans plusieurs supermarchés.

Autre demande syndicale non rencontrée : une compensation pour le personnel qui accepterait la polyvalence. "La direction ne propose qu'une prime de 300 euros bruts par an pour un temps plein et de 150 euros pour un mi-temps", explique Danny Dubois.

"Propositions provocatrices"

Pour les syndicats, qui ont quitté la réunion avant terme, c'est "imbuvable". "Avec ces propositions aussi provocatrices, que nous allons relayer au personnel, il est certain qu'il va y avoir des débrayages dans les magasins, des actions qui vont faire mal à l'entreprise, c'est sûr. Tous les supermarchés devraient tous fermer pendant plusieurs jours", fait savoir le permanent CNE.

Le front commun semble s'inquiéter du fait que la direction n'a pas cherché à les retenir à la table des négociations ce lundi. "C'est une folie ! On craint qu'elle ait un plan secret derrière", lance Danny Dubois. Un plan B qui pourrait consister à passer des supermarchés en franchise.