Entreprise

La société Nimmer Dor Belgique, propriétaire des quatre magasins Nature et Découvertes installés dans notre pays (deux à Bruxelles, deux à Anvers), a demandé et obtenu le 24 octobre dernier le concordat judiciaire.

Confrontée à de gros problèmes de trésorerie, la société a été placée à l'abri de ses créanciers par le tribunal de commerce d'Anvers pour une période de quatre mois. Un délai pendant lequel les actionnaires de Nimmer Dor, réunis au sein de la holding Nimmer, vont tenter d'élaborer un plan de relance viable qui lui épargnerait la faillite et éviterait par la même occasion la fermeture des quatre points de vente.

Avant d'en arriver à cet épisode judiciaire, certains des 15 actionnaires de la holding avaient bien tenté de sortir l'enseigne de l'impasse par le biais d'une recapitalisation. Une recapitalisation à laquelle seuls quelques-uns des partenaires ont toutefois souhaité participer - provoquant au passage une redistribution des cartes dans l'actionnariat-, empêchant du même coup la relance d'une société à court de liquidités qui s'est rapidement retrouvée dans l'incapacité d'approvisionner ses magasins auprès du groupe français, fondateur du concept, dont elle détient la franchise pour le Benelux - les points de vente n'ont plus reçu de marchandise depuis la mi-août. Pour éviter la faillite, la demande de concordat était dès lors devenue inéluctable.

En attendant de trouver une solution définitive sur le volet financement et sur le volet gestion (les frais généraux excessifs sont une des raisons avancées pour expliquer les pertes du groupe), les actionnaires actifs (au premier rang desquels on trouve le fonds d'investissement Extent, qui détient désormais 66 pc du holding) ont déjà pris certaines décisions. Ils se sont notamment séparés des deux magasins hollandais (qui étaient non rentables, contrairement aux enseignes belges), et ont rapatrié le siège social de la Hollande vers la Belgique, en lui faisant subir au passage une solide cure d'amaigrissement.

D'après un des représentants de l'actionnaire principal, les négociations seraient en bonne voie. «Nous travaillons sur trois fronts: diminuer les frais de fonctionnement, renforcer le management et trouver des pistes de refinancement», nous a-t-il confié.

Le temps presse en tout cas. Sans apport d'argent frais, la société ne pourra approvisionner ses magasins pour les fêtes. Ce qui porterait sans doute un coup fatal à l'enseigne «écolo chic» apparue chez nous en 1997.

© La Libre Belgique 2001