Entreprise

Il fut un temps où tout se passait en agence, et uniquement en agence, qu’il s’agisse d’opérations aussi simples que de verser ou de retirer de l’argent. A la charnière des années 60 et 70, les premiers distributeurs automatiques de billets voient alors le jour, dans deux réseaux distincts, Bancontact et Mister Cash, qui fusionneront finalement en 1989. C’était l’époque lointaine des BBL, CGER, Générale de Banque, Kredietbank et autres Bacob. Le client, pour la première fois, pouvait se passer d’un service offert en agence. L’automatisation était en marche...

Depuis lors, le mouvement n’a fait que s’amplifier. Internet va permettre, à la fin des années 90, le lancement du PC banking: le client devenait en quelque sorte banquier. Si l’Internet banking fait aujourd’hui partie des mœurs, le succès a toutefois mis du temps à se concrétiser. Début des années 2000, plusieurs banques songent même à abandonner ce service, car peu de clients l’utilisent, notamment par méfiance à l’égard d’Internet. En 2003, 1,8 million de Belges ont alors un contrat d’Internet banking, contre plus de 8 millions aujourd’hui.

Chez BNP Paribas Fortis, il faudra d’ailleurs attendre 2006 pour atteindre le millionième contrat PC banking. Six ans plus tard, le cap de 2 millions de clients était franchi.

Dès janvier 2000, le Crédit Communal (devenu aujourd’hui Belfius Banque) proposait une première version de mobile banking, permettant de consulter le solde, l’historique des comptes, ou encore de faire des virements.

Profitant de l’émergence des smartphones et autres iPhones ou tablettes, les banques ont proposé des versions plus poussées et conviviales depuis 2010. Avec quel succès ? Chez BNP Paribas Fortis, plus de 250 000 clients avaient téléchargé l’application "Easy banking" en début de semaine, soit environ 13 % du nombre de clients disposant du PC banking (passage obligé pour élargir le service au mobile banking). La banque enregistre même un téchargement par minute de cette application depuis 3 mois.

Chez Belfius Banque, le mobile banking a séduit à ce jour 100 000 clients, avec, là aussi, un intérêt bien plus important depuis quelques mois. "Au mois de novembre, le nombre de connexions était en moyenne de 8 237 par jour, tandis qu’ au mois de janvier, la moyenne était de 40 705 par jour, avec des pics qui dépassent les 52 000 logins sur une seule journée à la fin du mois", explique la banque. Une hausse due, en fait, à l’introduction d’une nouvelle application début décembre.

Chez KBC, quelque 200 000clients ont téléchargé la nouvelle génération d’application de mobile banking, lancée en septembre 2011. Chez ING, 240 000 clients ont téléchargé l’option mobile.

Reste à voir ce que les clients font de ce service. La consultation du solde des comptes est le service le plus prisé par les clients de BNP Paribas Fortis, KBC et Belfius. Les clients de BNP Paribas effectuent aussi près de 160 000 virements par mois via mobile banking.

"Lors du lancement, la fonctionnalité la plus utilisée était la consultation du solde et les transferts entre comptes propres. Depuis plusieurs mois, nous observons une forte augmentation des transferts vers des bénéficiaires tiers. Aujourd’hui, il s’effectue plus de 5 000 transactions par jour via mobile banking", explique ING.

"Le mobile baking est clairement une tendance de fond qui va se poursuivre. Les clients ont des attentes toujours plus fortes en termes de produits, services et fonctionnalités disponibles via PC, tablette ou smartphone; ils veulent des outils toujours plus rapides, plus sûrs, plus conviviaux", souligne encore Belfius Banque.

Les banques n’allaient pas s’arrêter là: désormais, le smartphone permet aussi de payer de petites sommes, que ce soit via un QR code (KBC, Keytrade) ou grâce à un simple numéro de GSM (BNP Paribas Fortis). D’aucuns y verront un gadget supplémentaire, puisqu’il est déjà possible d’effectuer un paiement via l’option mobile banking, même si le "smartphone banking" est plus rapide.

KBC a été la première à le proposer, dès la fin 2011. La banque ne fournit aucune donnée chiffrée sur le succès ou non du service scashing réservé à ses seuls clients, tout en soulignant que le nombre de transactions va rester limité par rapport aux canaux plus traditionnels. "Pour nous, il s’agit plutôt d’une plateforme qui nous permet d’introduire et d’évaluer les possibilités des nouvelles technologies et les attentes du consommateur."

Keytrade Bank a lancé cette nouvelle application voilà environ deux mois. Depuis lors, un millier de transactions ont été effectuées via Keykash.

BNP Paribas Fortis le propose, pour sa part, depuis le début de la semaine. Peter Vandekerckove, le patron de la banque retail, ne s’attend pas à une ruée de nouveaux clients vers sa banque pour bénéficier de ce service. Ce nouveau service permet surtout à la première banque du pays de montrer qu’elle est à la pointe de l’innovation, ce qui est toujours bon pour son image globale.