Entreprise

Confiance. Forts de leur bonne année 2008, les parcs d’attractions belges affichent une belle confiance à l’aube de cette nouvelle saison. Une confiance qui n’empêche cependant pas une certaine prudence, car le contexte économique général est tendu. Et les conséquences pas toujours prévisibles. L’occasion d’aller faire un tour sur le terrain - qui s’annonce ensoleillé samedi - pour prendre la température.

A Walibi Belgium (le parc wavrien et Aqualibi), deux éléments poussent le tout nouveau directeur, Fernando Medroa, à l’optimisme : le record enregistré lors de Halloween - qui rentre dans l’année 2009 de Walibi, d’octobre 2008 à fin septembre 2009 - avec 145 000 spectateurs (en hausse de 12 pc par rapport à la même période en 2007), et le bon résultat obtenu lors du Carnaval à Aqualibi (+ 30 pc). Egalement favorables, les réservations des écoles sont en augmentation et trois journées sont d’ores et déjà réservées par des sociétés, dont ce samedi 4 avril, ce qui fait que le parc ouvrira ses portes au public dimanche seulement Pour le reste, point de boule de cristal. Cependant, fait valoir Fernando Medroa, "pour les familles qui ne partiront pas en vacances, Walibi constitue une belle alternative. Les gens ont besoin de se détendre, et le parc est une belle destination". Qui ajoute : "Nous sommes confiants, tout en restant très prudents au niveau de nos coûts."

Même écho du côté de Bellewaerde qui, comme Walibi, appartient à la Compagnie des Alpes. "Il n’y a pas encore de facteurs nous indiquant que la crise va nous toucher", déclare la responsable de la communication. Les chiffres de Halloween (semblables à 2007, année record) et de la fin de l’année (un peu inférieurs à 2007 qui avait vu le nombre de visiteurs tripler à cette période) sont encourageants et les prévisions sur l’ensemble de l’année n’ont pas été revues à la baisse (725 000 visiteurs en 2008, +4 pc). Un visiteur sur deux du parc yprois, qui fête cette année ses 55 ans, vient en groupe (réservations d’écoles, d’entreprises, etc.); or, "les réservations sont actuellement très bonnes". "Nous avons donc les résultats pour la moitié de notre public, qui sont bons. Nous ne sommes pas très inquiets, mais nous restons prudents. Il faudra peut-être évoluer dans deux mois", précise-t-elle.

Positif aussi, le directeur général de Bobbejaanland. "Nous avons investi 1,5 million d’euros cette année, ce qui fait un total de 20 millions depuis 2004", met en avant Rudi Rasschaert. Il s’appuie aussi sur une augmentation de 8 pc de ses réservations de groupes, "ce qui est bon signe".

Dans un contexte de crise, il croit à l’alternative "parcs d’attractions", même si, prudent, il vise entre 700 et 800000 visiteurs cette année, restant dans la même tranche (740 000 visiteurs) que l’an dernier, malgré une nouvelle attraction, King Kong. Il se dit d’ailleurs "optimiste et prudent", et peut s’adapter si la situation l’exige - "J’ai des plans dans mon tiroir".

Même enthousiasme teinté de prudence du côté du groupe Plopsa comptant Plopsaland (La Panne), Plopsa Coo (Coo) et Plopsa Indoor (Hasselt). Parce que 2008 a été, pour les 3 parcs, une nouvelle année record. "En nombre de visiteurs (plus de 1,5 million), en chiffre d’affaires (34,2 millions d’euros), etc.", énumère Steve Van den Kerkhof, directeur des parcs.

Mais également parce que Plopsaland fermant ses portes seulement après les vacances de Noël, et Plopsa Indoor les gardant ouvertes toute l’année, ils ont pu mesurer ce que pouvait représenter la crise. "Ce qui nous a frappé, c’est que les visiteurs continuent à venir, mais cherchent les promotions, et dépensent moins sur place." Et d’évoquer un recul du chiffre d’affaires restauration de 2 à 3 pc. "On a essayé d’en tenir compte pour la saison 2009. Par exemple, en diminuant les portions (boissons de 50 à 33 cl) et, donc, les prix. Ce faisant, à Hasselt, le recul a pu être enrayé depuis un mois." Par contre, dans les magasins, la chute est plus accusée. "Les commandes ayant déjà été effectuées, nous n’avons pas pu faire grand-chose", ajoute Steve Van den Kerkhof. "On s’attend donc, pour 2009, à un recul du chiffre d’affaires magasins de 10 pc."

"Pâques sera un bon test", renchérit Eric Domb, le CEO de Paradisio, le parc animalier installé à Brugelette dans le Hainaut. "A l’heure actuelle, sur base des réservations scolaires et de groupes, nous atteignons le même volume que l’an dernier. On peut donc penser qu’il n’y aura pas de décrue des réservations. Mais, franchement, je n’ai aucune idée de comment va se passer la saison."

Investissements

Cette crise, qui n’en sera peut-être pas une pour les parcs de loisirs, ne semble en tous les cas pas modifier leur politique d’investissements. "On commence, dans deux semaines, la construction d’un nouveau Plopsa Indoor aux Pays-Bas", indique Steve Van den Kerkhof. "Dont coût : 15 millions d’euros. Pour Coo, une demande est en cours pour une nouvelle attraction, une tour de 70 m de hauteur, représentant un investissement d’un million d’euros. A La Panne, rien n’est encore défini, mais un budget de 1,5 million est prévu." "Pour les cinq prochaines années, on a projeté d’investir de 30 à 35 millions dans le parc et aux alentours", précise, pour sa part, Eric Domb. "En septembre, nous entamerons, en parallèle, deux projets : un jardin africain pour 2011 et un jardin australien pour 2010 dans le cadre des Floralies gantoises. En Wallonie, il y a des entreprises qui reportent leurs investissements et d’autres qui attendent les autorisations pour investir. Paradisio attend le feu vert, tout simplement."

A Walibi Belgium, le montant des investissements pour 2009 n’est pas encore communiqué. Fernando Medroa souligne aussitôt que depuis que la Compagnie des Alpes a repris les lieux en 2006, elle a déjà investi 12 millions.

Sa priorité, c’est l’entretien et la rénovation du patrimoine du parc. Plus que jamais à l’ordre du jour cette année. "On continue dans cette voie", indique le directeur. En attendant le gros morceau : la rénovation totale d’Aqualibi à partir du 5 janvier 2010. Pour ce faire, le complexe sera fermé 12 mois. "La base reste pareille, mais l’esthétique va varier et d’autres surprises sont prévues", explique-t-il. "Et l’enveloppe sera très importante."