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Chaque année, un classement du PIB (Produit Intérieur Brut) de tous les pays est établi par le FMI. Le PIB représente la valeur totale de la production des richesses d'un pays par les agents économiques résidents à l’intérieur du territoire national. Si cet indicateur peut être utilisé pour "hiérarchiser" les pays sur le plan économique, c'est avec le PIB par habitant (PIB divisé par le nombre d'habitants) qu'on prétend mesurer le développement d'un pays.

Ne pesant pas plus lourd qu'un demi-million d'habitants, le Luxembourg gagne haut la main, en première position de ce classement, avec un PIB par habitant de 105 720 $ en 2012. Centre financier européen, ce pays doit son succès à ses lois sur le secret bancaire qui lui valent une réputation de paradis fiscal.

Le Qatar, qui en 2010 dominait le classement établi par le magazine économique américain Forbes, est cette année descendu en deuxième position, avec 100 378 $ en PIB par habitant. Comptant 1,7 million de citoyens, ce pays investit sans cesse dans de nouvelles infrastructures. L'émirat s'appuie aussi sur ses énormes réserves de gaz naturel (c'est le 3eme producteur mondial), et sa production de pétrole de taille moyenne.

En troisième position on retrouve la Norvège, membre fondateur de l'OTAN. Elle compte 99 316 $ de PIB par habitant, alors qu'elle était classée 4ème en 2010. Ce progrès s'explique en partie par ses grandes réserves de pétrole et de gaz naturel.

Peu de changements sont constatés dans le classement des PIB par habitant entre 2011 et 2012 pour les 8 premiers pays. En revanche, les Pays-Bas dégringolent de la 9ème à la 15ème place, pendant que les Etats-Unis, premier dans le classement de PIB, remonte à la 11ème position. La Belgique quant à elle est classée 18ème, devant la France et l'Allemagne!

(Tableau fait par JDN)

Le PIB par habitant reste tout de même insuffisant à l'heure de déterminer le vrai niveau de vie d'un pays.

Ne rendant pas compte des inégalités dans son calcul, les pauvres vont être facilement noyés au milieu de salaires faramineux. De plus, il est impossible de retrouver des données essentielles, telle que le niveau de vie, dans une moyenne aussi vaste. Tel est le cas, par exemple, pour le Qatar, qui compte un certain nombre de restrictions sur la liberté d'expression et les mouvements pour l'égalité. L'émirat demeure une société patriarcale où l'homme décide de tout: les mariages restent souvent arrangés et la mixité boycottée.

Il nous faut alors trouver d'autres indicateurs de mesure pour compenser le PIB par habitant, qui reste insatisfaisant à l'heure de "juger" un pays. Il existe, par exemple, de nombreuses études qui déterminent le pays où il fait le plus bon vivre selon nos critères de prédilection. Le site L'Internaute nous révèle que le pays du bien-être est le Danemark selon l'OCDE, ou encore que celui de la santé est la Suisse avec 82,6 ans d'espérance de vie. Le gagnant ultime reste l'Australie qui est élue "Champion du bonheur" toutes catégories confondues. Ce genre de classement est donc tout à fait à remettre dans son contexte, et des alternatives au PIB par habitant restent à inventer malgré les nombreuses recherches en la matière.