Entreprise En France, le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) de la compagnie à bas prix easyJet est monté au créneau en fin de cette semaine dernière pour dénoncer un "programme de vol irréaliste" et "de graves dysfonctionnements structurels".

Directement adressée à Stelios Haji-Ioannou, le milliardaire britannique et fondateur de la compagnie en 1995, cette lettre ouverte déplore "un planning que les opérations en vol n'ont pas les moyens de réaliser".

Concrètement, le SNPL veut mettre en évidence les choix de la compagnie visant à rentabiliser au maximum sa flotte, et ce "au mépris de la sécurité des passagers et des équipages" dans la mesure où l'organisation des vols paraît dépasser ce qui est humainement possible. "Les équipages sont poussés quotidiennement à leurs limites, limites qui sont devenues des objectifs", poursuit le syndicat.

Cette tendance aurait pour conséquence d'engendrer le dépassement des "limites légales de temps de vol" dans la mesure où le "pouvoir discrétionnaire" accordé aux commandants de bord pour dépasser le temps de vol légal serait abusivement utilisé, et non plus dans le seul cas de circonstances exceptionnelles. Ce que dément fermement easyJet dans un droit de réponse accordé par les médias français Les Echos et Le Parisien.

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Pour appuyer ses plaintes, le SNPL joint à son courrier une illustration mettant en exergue les nombreux retards, voire les annulations, qu'engendre "cette spirale infernale". Principale priorité des compagnies aériennes, le passager serait ainsi devenu un "profit" et serait le premier à pâtir de la politique commerciale de la compagnie britannique.

Souhaitant limiter ses coûts, puisqu'un avion au sol est un avion qui coûte de l'argent, easyJet réduirait ainsi les escales au-delà de l'entendement. Et dans le contexte des vacances d'été où les aéroports sont bondés de passagers, il est impossible, selon les pilotes français de la deuxième compagnie la plus utilisée dans l'Hexagone, d'assurer de manière ponctuelle "les fameux 'créneaux'". Se heurtant à l'entêtement de leur employeur qui "refuse toujours l'expertise des navigants", puisque "ces enchaînements de vols bien trop 'gourmands'" ont été maintes fois dénoncés, le SNPL souligne qu'"il est irréaliste de maximiser les journées à la limite des heures légales".

Face à de telles accusations, la compagnie, qui a transporté plus de 78 millions de voyageurs sur les douze derniers mois, s'est dit dans Les Echos et Le Parisien "surprise" et précise que les "compromis sur la sécurité" ne font pas partie de ses prérogatives.