Entreprise

Les petites et moyennes entreprises (PME) belges résistent-elles à la crise qui sévit depuis 2007 ? La réponse est oui, globalement, mais il convient toutefois de nuancer le tableau. Car si le chiffre d’affaires moyen des PME a recommencé à croître en termes réels (au-delà de l’inflation), leur rentabilité est à nouveau compromise. Par rapport à 2010, les PME avaient perdu en moyenne 12 % de leur valeur à fin 2011 alors qu’un quart d’entre elles accusaient une perte de substance de 55 % et plus. Ces constats découlent du "Baromètre des PME" de Deloitte Fiduciaire, leader du marché des services aux PME et aux entreprises familiales, qui a sondé 2 300 entreprises et récolté des données non publiées à ce jour (www.deloitte.com).

Commençons par les bonnes nouvelles:

1Chiffre d’affaires (CA) en progrès. Pour la première fois en quatre ans, plus de la moitié des PME belges ont vu leur CA augmenter en termes réels. La croissance a dépassé l’inflation moyenne de 3,23 %. La moitié des PME ont affiché une croissance d’au moins 4,1%. Un quart d’entre elles sont même parvenues à gagner 15 % ou plus. Dans l’agro-alimentaire, un quart des entreprises enregistrent au moins 25 % d’augmentation du CA. Seul le secteur des services est à la traîne avec une croissance moyenne de 2,8 %.

2 Hausse de la productivité. En 2011, le chiffre d’affaires moyen par travailleur s’élevait à 262 084 euros (+ 3,4 % par rapport à 2010). La valeur ajoutée par poste a progressé aussi. Pour une PME sur deux, la productivité avance de 2,6 % ou plus.

3 Investissements envers et contre tout. En 2011, le nombre d’entreprises qui ont investi dans des immobilisations corporelles a augmenté de 5 % . Toutefois, le montant moyen investi par la PME moyenne a reculé pour la cinquième année consécutive, passant de 38 634 euros fin 2007 à 33 301 euros fin 2011.

4 Fonds propres solides. La PME belge moyenne présente toujours une solvabilité à toute épreuve. Fin 2011, elle affiche en moyenne une capacité de remboursement de 48,9 %. Sur 100 euros de moyens financiers disponibles, 48,9 euros proviennent des fonds propres : capital, réserves, comptes courants ou avances consenties par les actionnaires. Le nombre d’entreprises qui ont distribué un dividende ou un tantième est passé de 21 % à fin 2007 à 25 % à fin 2011. Les montants n’ont pas augmenté depuis 5 ans.

Restent les deux points noirs :

- Après l’évolution positive de fin 2010, la moitié des PME accusent à fin 2011 un nouveau recul de leur rentabilité opérationnelle (EBITDA/chiffre d’affaires), soit 8,2 % contre 8,7 %. En 2010, l’entreprise médiane atteignait 8 % de rentabilité financière nette. Ce chiffre ne dépasse plus 7,8 % à fin 2011 (voir infographie).

- Par rapport à 2010, la PME moyenne a perdu 12 % de sa valeur à la fin de l’année dernière. Un quart des PME encaissent une chute de valeur de 55 % ou plus. L’agro-alimentaire et la construction ont été les secteurs les plus touchés, (29 % et 20 % de perte de valeur). Plus l’entreprise est grande (exprimée en ETP), plus l’impact de la crise sur sa valeur est important.