Entreprise

La reprise s’amorce", constate d’emblée Annick Rombouts, managing director Benelux de Robert Half, actif dans le recrutement de profils spécialisés temporaires et permanents. "Durant le dernier trimestre de 2009, Robert Half International a constaté une nouvelle hausse de la demande en profils spécialisés. Le chiffre d’affaires du groupe a augmenté de 1,7 % passant de 725 à 737,4 millions de dollars entre le 3e et le 4e trimestre. En Belgique, la tendance est la même. Mais nous ne pouvons pas donner de chiffres plus précis". C’est le choix de la spécialisation qui semble avoir réussi à Robert Half, même si le groupe a enregistré une baisse importante de son chiffre d’affaires entre 2008 et 2009, celui-ci passant de 4,6 à 3,03 milliards de dollars. "Les profils spécialisés, financiers notamment, sont plus recherchés que les généralistes". Spécialisé surtout dans les profils financiers, le groupe a mené en novembre 2009 une enquête auprès de ces derniers dans 9 pays dont la Belgique pour connaître notamment leur perception de la crise. Un Belge sur quatre (pour 13 % au niveau international) y affirme que son entreprise ne souffre pas de la crise. Ce qui préoccupe ces travailleurs néanmoins: un blocage des salaires (pour 41 % des Belges et 43 % au niveau international). Le licenciement fait, lui, partie des préoccupations les moins souvent citées.

L’enquête révèle aussi qu’un travailleur sur trois a moins confiance dans son emploi qu’un an auparavant; un sur dix est plus confiant. La crise a eu cependant un impact important. En Belgique ainsi, cela s’est traduit notamment par des primes moins élevées (26 %), des licenciements de collègues (19 %), une réduction des avantages extra-légaux (18 %) et une diminution des salaires (11 %). "Néanmoins 20 % déclarent avoir eu une augmentation", constate Chris Leyssens, directeur chez Robert Half.

"S’ils ressentent les effets de la crise, les profils financiers sont relativement épargnés et ont confiance dans l’avenir", estime Joël Polivache, directeur chez Robert Half. "Quelque 22 % des personnes sondées prévoient une reprise économique mi-2010, 18 % fin 2010 et 21 % début 2011". Quant à changer d’emploi, 20 % des Belges (21 % au niveau international) l’envisagent. En Belgique, la principale motivation est le changement de culture de l’entreprise (34 %), suivie de la volonté de commencer une nouvelle carrière (22 %) et de la perspective d’un meilleur salaire (17 %).

Robert Half s’est aussi penché sur les intentions de recrutement dans les six mois des managers en ce qui concerne les profils financiers. "A l’automne 2009, les intentions de recrutement dépassaient à nouveau celles de réduction de personnel", note Joël Poilvache. "On sent une légère amélioration".