Entreprise

Depuis le 12 avril, Jean Galler n’est plus administrateur délégué de la chocolaterie Galler. Ou plus exactement, il n’est plus administrateur délégué (ou gérant) des 4 sociétés qui composent le groupe, à savoir Galler Holding, la société faîtière, Galler Chocolatiers, Galler Franchising et Galler Boutiques. “Mais je reste actionnaire et administrateur des sociétés, affirme d’entrée de jeu Jean Galler, lui qui a créé l’entreprise en 1976 avec son père, artisan chocolatier comme lui. Et je suis responsable de la création et de la communication”, confirmant ainsi une information parue dans “L’Echo”. 

Il passe la main à Joao De Gouveia, conseiller de la famille Al Thani, la famille qatarie entrée au capital de la société en 2006. Elle détenait 39 % un an plus tard et, depuis, a continué à monter dans le capital dont elle détient une confortable majorité, sans qu’on sache précisément la répartition exacte entre les familles Galler et Al Thani. “Il n’y a pas eu de changement dans le capital depuis un an. Et pour ce qui est de la répartition, nous avons un accord de confidentialité”, souligne simplement Jean Galler. Ajoutant : “La famille Galler restera actionnaire”. A la question de savoir si les Qataris reprendront à terme l’ensemble des actions, le fondateur répond : “Ce n’est pas à l’ordre du jour à l’heure actuelle ! C’est le bébé que j’ai créé voici 42 ans…”.

Jean Galler se voit bien travailler jusque 80 ans…

Jean Galler, 63 ans, qui se dit “toujours en pleine forme” et “se voit bien travailler jusque 80 ans”, se réjouit de pouvoir se consacrer à “des choses que j’aime bien faire car en tant qu’administrateur délégué, on ne fait pas toujours les choses que l’on aime… Cela fait 42 ans que je suis administrateur délégué et c’est un peu lourd”. Son successeur, un Portugais d’une cinquantaine d’années, qui est passé par la distribution et des cabinets d’audit, s’occupe de Galler depuis quelques années déjà et “il connaît bien la maison”.

Galler, aujourd’hui, compte 23 boutiques. Seize en Belgique (dont 9 en propre) où la chocolaterie se retrouve aussi à la 4e place dans la grande distribution derrière les géants Mondelez (Côte d’Or), Ferrero et Mars. Mais aussi 4 boutiques au Japon, une à Strasbourg, une au Liban et une à Doha, capitale du Qatar. Sans oublier des corners, dont un au Luxembourg.

Cap sur la Chine

Cette année, Galler va ouvrir une première boutique en Chine, à Shenzhen, en juin. La marque est déjà présente dans la distribution et sur Internet. “On a pris le temps de choisir le bon partenaire et on y a un plan de développement très ambitieux puisque notre objectif à 5 ans est d’y atteindre 20 millions de chiffre d’affaires, sachant que le chiffre d’affaires de Galler s’est élevé à 35 millions en 2017, une excellente année après une année 2016 difficile suite aux attentats.”

En 2018, Galler, qui emploie 170 personnes, table “sur un chiffre d’affaires de 40 millions et un résultat de 3 millions” (ebitda). Une 5e boutique s’ouvrira à Bruxelles en septembre. D’autres ouvertures, en Belgique et à l’étranger devraient avoir lieu, sans davantage de précisions à l’heure actuelle.

Le développement au Japon est également au menu, pays où l’enseigne a débarqué en 2000 et où le groupe a repris la main et 100  % de sa filiale. “A la Saint-Valentin, le gros moment des ventes dans le pays, Galler fait les meilleures ventes, tous chocolats et pays confondus sur Amazon Japon, explique fièrement Jean Galler. Les éléments “artisan belge” et Fournisseur de la Cour de Belgique” y font fureur. Galler est également rentré dans les aéroports. L’objectif est de continuer notre percée.” Tout comme en France où on retrouve les produits “dans les 11 grandes chaînes de distribution”. En Espagne, la marque est déjà distribuée chez El Corte Ingles notamment.

Le modèle de la maison étant, comme le précise Jean Galler, “d’être présent à la fois en grande distribution de manière à être accessible en termes de prix et disponibilités, et avec des boutiques” qui permettent “de mettre en avant notre savoir-faire et de faire rayonner notre marque”.

Enfin, de l’ambition, il y en a aussi du côté du Qatar, bien sûr, mais aussi du Koweït, avec l’envie aussi de retourner à Dubai et Abu Dhabi.

La production, encore et toujours concentrée à Vaux-sous-Chèvremont (Chaudfontaine), peut suivre ce développement. Le site, d’où sortent pour l’heure 2 300 tonnes de chocolat par an, dispose des capacités pour atteindre plus de 100 millions de chiffre d’affaires, assure Jean Galler. Et de conclure, un sourire dans la voix : “Je garde un plein temps, mais un vrai plein temps, plus un plein temps comme avant. Un plein temps qui me permet d’être dans mes vignes quand j’en ai envie”. Ce vignoble, il en a planté les premiers pieds en 2009. et où il espère “si on n’a pas de problèmes de grêle ou autres, faire cette année pour la première fois 1 000 bouteilles”.