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Le marché des smartphones, les iPhones, HTC et autres BlackBerrys, a réellement explosé cette année. En Belgique mais aussi dans le monde, bien sûr. On ne dispose pas encore des chiffres des ventes pour l’ensemble de 2010, mais le bilan sur les 9 premiers mois de l’année est édifiant et il n’est pas très compliqué d’en extrapoler un résultat sur 12 mois. Sur les 9 premiers mois de 2010, le score n’en reste pas moins impressionnant. Selon Jürgen De Mesmaeker, Business Unit Manager "retail and technology" chez GfK, "de janvier à septembre 2010, les ventes ont plus que doublé, avec une progression de 111 % avec 440 000 smartphones vendus en Belgique. La progression se comprend par rapport aux 9 premiers mois de 2009, évidemment". On parle ici en unités vendues. Quid de l’évolution des prix de vente ? "Pour ce qui concerne le chiffre d’affaires global sur la période, on est à 146 millions d’euros, soit une progression de 60 % par rapport à la même période de 2009."

Est-ce là une des explications au boom des smartphones ? "Oui, c’est sans doute la principale raison à l’explosion des ventes : la baisse des prix a permis au consommateur moyen de s’offrir une machine qui, auparavant était trop chère pour lui." Une baisse très sensible ? "Oui, on parle ici d’un recul des prix moyens de l’ordre de 110 euros. On est passé d’un prix moyen de 443 euros en 2009 à 333 euros en 2010. C’est le premier constat sur ce marché : les producteurs se sont rapprochés de la demande des clients moyens en proposant des machines plus accessibles en termes de prix."

Le fait de pouvoir posséder un smartphone ne fait pourtant pas le bonheur total du consommateur ? "Non, et c’est le deuxième constat que nous pouvons faire pour expliquer la santé du marché : il a fallu le développement des sites de distribution ou de ventes des applications, des programmes, pour que chacun puisse y trouver ce qui l’intéresse." Un marché initié avec un extraordinaire sens de l’anticipation par Apple qui est parvenue à faire affluer les développeurs sur son "App Store" et y proposer désormais plus de 300 000 applications dont une bonne partie sont gratuites.

Les autres constructeurs de smartphones ont suivi avec des concepts de magasins en ligne payant ou gratuits, pour mieux suivre la tendance, même les appareils auparavant réservés à un public professionnel sont désormais accessibles au grand public. "En effet, c’est une autre tendance notable, et on voit maintenant les BlackBerrys disponibles aussi pour l’homme de la rue alors qu’il y a un an, ils étaient réservés aux cadres dans les entreprises", note encore Jürgen De Mesmaecker.

Quid des extrapolations sur les ventes pour la totalité de 2010 ? En tenant compte des ventes déjà enregistrées cette année et d’une progression rapide des volumes, Jürgen De Mesmaecker estime qu’on devrait avoisiner les 680 000 smartphones vendus en Belgique pour 2010. Et en 2011, ne devrait-on pas assister à un tassement des ventes ? "Non, au contraire, la croissance va se poursuivre mais à un rythme moins soutenu : on attend 1,225 million d’unités vendues l’an prochain dans notre pays. Cela ferait une progression de 80 % des ventes."

Une fois encore, ce qui frappe dans l’analyse du succès de ces machines sans lesquelles on vivait fort bien auparavant, c’est la convergence de facteurs permettant l’émergence d’une technologie. En l’occurrence, c’est Apple avec son iPhone qui a poussé les autres constructeurs télécoms à investir dans le développement ou l’amélioration de leurs gammes de téléphones ouverts à Internet. Les principaux acteurs du secteur, réputés pour des politiques de prix plus axés sur le volume global que sur quelques modèles haut de gamme, ont ainsi calqué leurs modèles sur les modèles à grand succès de leurs nouveaux concurrents, Apple et Rim avec son BlackBerry. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil sur les folders des géants du GSM comme Nokia ou Sony Ericsson, ou encore HTC, Samsung et Acer qui proposent des machines d’entrée de gamme et terminent sur des machines qui sont des clones d’iPhones, de BlackBerrys ou des hybrides empruntant le meilleur des deux concepts.

Le problème étant pour ces derniers de rattraper le retard technologique sur ces deux sociétés visionnaires, tout en contournant les barrières des brevets. Certains spécialistes de la veille technologique suivent à la trace les dépôts de brevets effectués par Apple en essayant d’anticiper les prochains coups de la société de Cupertino sur l’échiquier des smartphones. Chez Apple, on prend dès lors un malin plaisir à brouiller les cartes