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La direction de Brussels Airlines regrette le dépôt, par les syndicats de pilotes, d'un préavis de grève au sein de la compagnie, a-t-elle réagi vendredi midi. Cela alors qu'une procédure de conciliation entre les deux parties est encore en cours, souligne-t-elle. La direction s'efforcera de trouver des solutions lors des réunions qui sont encore prévues dans le cadre de cette conciliation, assure une porte-parole de Brussels Airlines.

Les syndicats de la compagnie aérienne Brussels Airlines ont déposé, en front commun, un préavis de grève. Les quelque 500 pilotes de Brussels Airlines avaient jusqu'à ce vendredi pour voter et se prononcer sur les "ultimes" propositions de la direction, formulées il y a une semaine. La plupart d'entre eux n'ont toutefois pas accédé à ces demandes. Ils pourraient dès lors mener des actions le 14 et le 16 mai. Seuls 8% des pilotes ont accepté les propositions de la direction, indiquent les syndicats. Parmi les autres votants, 80% se sont montrés en faveur d'une grève.

Direction et syndicats disposent désormais de sept jours pour trouver une solution. Une grève pourrait donc être possible, vraisemblablement les 14 et 16 mai, à moins que des actions spontanées ne soient organisées d'ici là. Aux mois de janvier et février derniers, les pilotes avaient ainsi déjà mené des actions de zèle afin de se faire entendre. Celles-ci avaient occasionné des retards quotidiennement, de quelques minutes à un quart d'heure, sur des dizaines de vols.

Ce conflit social constitue par ailleurs un premier test pour l'Allemande Christina Foerster, la nouvelle administratrice déléguée de la compagnie depuis le 1er avril.

Si le processus devait aboutir à une grève, il s'agirait seulement de la deuxième en 16 ans d'histoire pour Brussels Airlines. La seule recensée jusqu'à présent remonte à 2013, lorsque les pilotes avaient arrêté le travail durant une journée

Une réunion de conciliation en commission paritaire est donc prévue lundi, avant une entrevue intersyndicale mercredi, indique-t-on du côté de la CNE. Une décision sera alors prise sur un éventuel mouvement de grève les 14 et 16 mai. Le syndicat chrétien souhaiterait en outre étendre le mouvement au personnel de cabine. Si aucune solution au conflit n'est trouvée dans les jours à venir, il n'exclut pas non plus qu'une action de grève par semaine soit organisée par la suite.

Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE, déplore d'ailleurs "une consultation sociale défaillante" chez Brussels Airlines, dont la direction se montre "réticente" depuis des années à résoudre les problèmes existants, classant la moindre demande comme "déraisonnable ou dangereuse pour l'entreprise".

Le syndicaliste dénonce que le personnel doive "encore" faire des efforts alors que la compagnie a annoncé des résultats "faramineux". Les pilotes, comme le personnel de cabine, ne sont pas protégés par la législation sur le temps de travail, rappelle-t-il notamment, avec pour résultat des prestations jusqu'à 14 heures, sept jours d'affilée, avec des changements d'horaire constants.

Sur 100 pilotes, 10 ne parviendront pas à terminer leur carrière, car presque la totalité d'entre eux perdront leur licence après l'âge de 55 ans, illustre-t-il à propos du débat sur l'âge de la pension pour ces travailleurs.

S'agissant de la problématique salariale, les pilotes ont fourni 33% des économies, alors qu'ils ne représentaient que 14% du personnel, lorsque l'entreprise a failli faire faillite, situe Didier Lebbe. Et ils contribuent encore à ces économies "alors que le marché est en plein essor comme jamais auparavant".

"Leur valeur marchande accrue est valorisée chez tous les concurrents, sauf chez Brussels Airlines", résume-t-il.