Entreprise Revue Boursière Analyse

Comme prévu, les résultats des élections italiennes ont jeté comme un froid sur les places financières mondiales. Une exagération de plus à mettre au passif des opérateurs ? Il y a sans doute un peu de cela puisque le relatif succès des deux "clowns", comme "The Economist" a rebaptisé Silvio Berlusconi et Beppe Grillo, a gelé la situation politique en Italie. Mais on l’a vu dès mercredi, les marchés financiers ont vite retrouvé un rythme marqué par des anticipations positives de la part des opérateurs. C’est vrai en tout cas pour ce qui concerne les valeurs cotées outre-Atlantique où, nonobstant le débat budgétaire et la mise en exergue des risques qui pèsent sur la reprise, il y a bel et bien une reprise en cours. On estime à 2 % le potentiel de croissance du PIB US sur 2013. Un niveau qu’on est bien loin d’imaginer pour notre pauvre zone euro.

Le suspense italien n’a donc eu qu’un effet ponctuel sur le déroulement de la vie boursière. Et on sent dans le marché que les observateurs tablent sur une solution politique rapide qui remettra aux commandes une équipe en phase avec le plan budgétaire de la coalition sortante. Et finalement, la semaine s’est terminée sur un repli d’un petit pour-cent pour l’indice Eurostoxx. Dans la composition de celui-ci, c’est le secteur bancaire qui montre les plaies les plus impressionnantes. Il est vrai que l’édifice de l’euro reste très fragile et qu’un dérapage des taux en Italie consécutif à une perte de confiance des financiers pèserait à nouveau sur la monnaie unique et sur la valorisation des dettes des autres pays du sud de la zone euro. Mais on n’en est pas là, du moins pas dans l’immédiat. Après un peu de pression, le marché obligataire a absorbé sans problème une première émission italienne dès mercredi. On s’attend donc à un rétablissement partiel assez rapide du secteur financier, et total si un accord devait survenir sans tarder en Italie.

Au niveau des résultats d’entreprises cotées, on arrive presque en fin de période aux Etats-Unis où la grande majorité des entreprises américaines a publié des chiffres globalement supérieurs aux attentes. C’est plus inégal en Europe et certainement en Belgique où les derniers poids lourds du BEL 20 ont publié des résultats inégaux cette semaine. Cela va du très bon avec UCB au neutre avec AB Inbev en passant par le faiblard en Belgacom. UCB a voulu insister dans nos colonnes par la voix de son patron Roch Doliveux sur la qualité de ses résultats influencés par l’aboutissement de son plan d’adaptation destinée à faire de l’ancienne Union Chimique belge devenue entreprise pharmaceutique, une entreprise biopharmaceutique. Le message optimiste sur les perspectives du groupe a en tout cas été reçu 5/5 en Bourse de Bruxelles où l’action a été plébiscitée. On pourrait en dire autant d’AB Inbev dont les résultats traduisent plutôt la nécessité d’une adaptation défensive à la baisse de consommation sur les marchés mature du groupe via des efforts de réduction des coûts. C’est que le titre a bénéficié d’un engouement pour les valeurs dites défensives, gagnantes sur les quelques séances sous revue.

Ce ne fut pas le cas de Belgacom par contre dont la cote a basculé vendredi après la diffusion de résultats certes conformes aux prévisions, mais qui montrent le poids des arbitrages effectués par les consommateurs entre les différents opérateurs locaux. L’Etat belge, principal actionnaire de Belgacom se voit gratifié d’un copieux dividende exceptionnel. Mais apparemment, ce sera le dernier effort de ce type consenti par Belgacom qui aura donc payé pour 2012 un dividende brut supérieur au bénéfice net par action. Et, hors la perspective de revenus liés au réseau 4G sur la capitale, on ne voit pas ici de perspective de croissance rassurante. Le secteur dans son ensemble est d’ailleurs sous pression, et les concurrents européens et belges ont déjà réduit leur politique de dividende. Le rendement de plus de 11 % de l’action Belgacom est donc réel actuellement mais plus qu’hypothétique pour l’exercice en cours. Le secteur est donc surtout attirant au niveau spéculatif dans la perspective d’un retour des mouvements de concentration rendus plus aisés par des valorisations trop faibles.