Entreprise

Les travailleurs du groupe Mestdagh ont entamé mardi matin un mouvement de grève qui devrait s'étaler sur trois jours, a expliqué Danny Dubois, permanent CNE.

A 8h30, tous les magasins étaient fermés, à l'exception de ceux de Forest, Ciney et de deux supermarchés dans le Hainaut. Ils devraient toutefois se mettre aussi en grève ce matin, annonce la CNE.

La centrale d’approvisionnement de Gosselies restera ouverte ce mardi mais elle devrait fermer ses portes dès mercredi.

Les syndicats protestent contre l'attentisme de la direction, qui n'a pas encore clairement exposé sa vision pour l'avenir des 52 magasins intégrés et louvoie dans la conclusion du plan social. Au moins quinze grandes surfaces étaient fermées vers 7h30, en région liégeoise, à Bruxelles et dans le Brabant wallon. Des assemblées du personnel sont en cours dans le Namurois et si les informations en provenance des environs de Charleroi demeurent parcellaires, les syndicats sont confiants quant au fait que tous les magasins resteront portes closes mardi.

Suppression de 450 emplois annoncée en mai

En mai dernier, Mestdagh annonçait une importante restructuration incluant la suppression de quelque 450 emplois, sur les 2.300 travailleurs que compte le groupe. Le temps est compté pour les négociateurs, car le recours aux régimes de chômage avec complément d'entreprise (soit les prépensions) à 52 ans ne sera plus possible après la fin de l'année. Depuis lors, le nombre d'emplois à supprimer serait réduit à 340.

Lundi, une nouvelle réunion s'est tenue entre la direction et les syndicats quant au plan social qui doit être mis en oeuvre, mais les discussions ont une nouvelle fois abouti à une impasse. "La direction joue la montre, on dirait vraiment qu'elle veut aller au clash", regrette Myriam Delmée, vice-président du Setca.

Un point de vue partagé par Danny Dubois, qui estime que la direction tente d'imputer la responsabilité de la situation actuelle aux syndicats.

Le permanent CNE ajoute que des gérants et des directeurs de magasins ont également embrassé le mouvement, chose plutôt rare dans le secteur de la distribution. Ceux-ci ont été convoqués par la direction du groupe vers 11h. "Nous craignons qu'ils ne fassent l'objet de menaces ou de chantage", explique M. Dubois.

Les représentants syndicaux restent sceptiques quant à la suite du dialogue. "Le temps s'écoule pourtant pour tout le monde", déplore Danny Dubois, qui annonce que le mouvement devrait s'étaler sur trois jours. Ce que confirme Myriam Delmée, qui précise que l'action ne se cantonnera pas à la journée de mardi.