Entreprise

La nouvelle stratégie d'Eurostar, symbolisée notamment par le déplacement de la gare de Waterloo à St Pancras, se révèle payante. Et cela se sent dans les chiffres. De janvier à mars 2008, le train à grande vitesse qui relie Bruxelles, Paris et Lille à Londres a enregistré une hausse de 21,3 pc du nombre de ses voyageurs par rapport à la même période en 2007. Ses trains ont donc transporté 2,17 millions de passagers durant le premier trimestre 2008. Les recettes de trafic aussi sont en hausse. Le chiffre d'affaires affiche une poussée vers le haut de 25,2 pc à 178,4 millions de livres sterling (223,1 millions d'euros).

D'après les dirigeants, la bonne performance de ce début d'année s'explique par l'ouverture, en novembre 2007, de la première ligne à grande vitesse britannique (high speed 1), ce qui a réduit le temps de parcours (de 2h11 à 1h51). Le bon taux de ponctualité (93,6 pc des trains arrivés à l'heure) serait aussi un élément avantageux. Sans oublier l'impact positif de l'année bissextile (un jour supplémentaire d'activité) et les congés de Pâques.

Souci de l'environnement

Un sondage publié lundi par Eurostar laisse entrevoir de belles perspectives pour ses trains. Il a été réalisé par YouGov entre le 3 et le 7 avril 2008. "Il révèle que les Belges sont de plus en plus attirés par des moyens de transport moins polluant pour des voyages de moyenne et courte distances", nous a dit le porte-parole d'Eurostar. D'après l'enquête, 72pc des Belges se soucient aujourd'hui de leur impact environnemental lorsqu'ils organisent leur voyage sur une distance comprise entre 350 et 650 km.

Les Britanniques et les Français se sentent aussi concernés : 57 pc et 83 pc, respectivement. Un peu plus d'un tiers des Belges sondés (38 pc) se déclare aujourd'hui "plus concerné ou beaucoup plus concerné" qu'il y a un an par l'impact environnemental d'un voyage "court-courrier" (45 pc des Français et 33 pc des Britanniques). "L'enquête indique également que les Belges commencent à prendre en compte l'impact sur l'environnement dans leurs choix de mode de transport. 9 pc d'entre eux déclarent que dans un futur proche, les préoccupations environnementales leur feront prendre le train plutôt que l'avion pour des destinations européennes comme Londres", écrit Eurostar dans un communiqué.

Succès du "voyage vert"

Quid du programme de "voyage vert" lancé en avril 2007 en vue de réduire de 25 pc ses émissions de CO2 par trajet et par voyageur d'ici 2012 ? "Nous n'avons pas forcément toutes les réponses, mais nous réduisons petit à petit notre impact environnemental et continuerons à le faire au sein de toutes les entités de l'entreprise. Ce qui est formidable, c'est que non seulement le personnel d'Eurostar, mais aussi nos voyageurs y participent activement et nous aident ainsi à faire la différence", dit Richard Brown, le directeur général d'Eurostar.

D'après une étude, l'impact en terme de CO2 d'un trajet en train entre Bruxelles ou Paris et Londres est aujourd'hui déjà 10 fois moindre qu'un voyage équivalent en avion.