Entreprise A Kuala Lumpur

Le 9e salon international du business destiné aux musulmans (Mihas ou Malaysia International Halal Showcase) s’est achevé samedi dernier. Et, pour cette édition 2012, une douzaine d’entreprises wallonnes avaient fait le déplacement jusque Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, un pays musulman qui défend particulièrement la notion de "halal". Le but de cette présence chaperonnée par l’Awex (Agence wallonne à l’exportation) : montrer que l’exportation wallonne peut tout à fait convenir aux musulmans de par le monde.

En effet, pour bien exporter leurs produits et services, les entreprises ont tout intérêt à se plier aux us et coutumes des marchés étrangers. Et pour réussir dans les économies de tradition musulmane, mieux vaut être certifié halal. Autrement dit, donner la garantie aux consommateurs locaux que les marchandises venues d’Europe respectent les interdits religieux tirés du Coran. Les plus connus étant l’interdiction de consommer du porc et de l’alcool.

Qui sont ces Wallons qui ont bien compris l’intérêt de se plier au marketing halal ? Au stand belgo-wallon du Mihas, on trouvait notamment la société Avieta (Vinalmont) et ses gaufres de Liège certifiées halal. " Sur nos gaufres de Liège, on ne met pas un logo "halal" car ce serait en contradiction avec l’image traditionnelle véhiculée par ce produit , explique le représentant de la société. Vis-à-vis du halal, les gens ne voient pas bien de quoi on parle en dehors de la viande. Pourtant, il y a du non-halal dans beaucoup de produits via les additifs, comme l’alcool, par exemple, ou encore lorsque le procédé de fabrication est "contaminé" en raison de présence de certaines graisses animales sur la ligne de production. "

En attendant, pas question pour Avieta de se priver du marché musulman. " Il faut savoir qu’il y a 1,3 milliard de musulmans et c’est la religion qui croît le plus. En réalité, ils absorbent 33 % de la nourriture mondiale. Le problème, c’est que les religieux veulent aussi garder les sous de la grosse machine à certifier halal Alors qu’une certification classique coûte entre 1 000 et 1 500 euros, avec une certification halal, on monte à 4 000 euros ! Mais le halal est plus flexible que la notion de casher où il faut absolument l’intervention d’un rabbin pour la certification. "

A côté des produits alimentaires, le halal s’applique aussi aux marchés des cosmétiques. Les instituts de beauté "Nadine Salembier" (Comines) étaient également présents au Mihas 2012. Du halal en cosmétique ? " P our tous ces produits de soin, la production peut se faire à base de substances animales et d’alcool , explique Gilles Deweer, responsable du marketing. Mais on a une certification "Eurohalal" qui garantit que ces substances sont exclues de la production. Il faut relativiser les choses : nous avions déjà des instituts dans des pays musulmans avant la certification. Ce n’est donc pas forcément important pour tous les musulmans. Mais on se coupe d’une partie des consommateurs potentiels pour qui le halal est une vraie garantie. C’est le cas en Malaisie, par exemple. "

Retour aux valeurs sûres : les pralines A un coin du pavillon belge, les visiteurs du salon s’arrachent les chocolats de la société Belvas (Ghislenghien). " On a fait tous les audits de la certification halal, on doit encore avoir le passage d’un religieux musulman pour la certification officielle des ateliers , précise Thierry Noesen, patron de Belvas. On n’a pas dû faire d’adaptation particulière pour être halal car on n’a de toute façon pas de graisses industrielles à la base, grâce à notre label bio. Il faut qu’en Belgique on se rende compte de ce qui se passe dans les pays musulmans, singulièrement en Asie, en termes de croissance économique, d’émergence d’une classe moyenne La Belgique a une carte de visite formidable, c’est sa réputation incroyable dans l’alimentaire. "