Entreprise

Comme le président du tribunal de commerce d'Ypres l'avait demandé fin juin, Philippe Bodson, le CEO de Lernout&Hauspie, a dû revoir sa copie pour hier lundi. C'est donc un nouveau plan de restructuration dans le cadre de la demande de concordat qu'il a déposé au tribunal et présenté par la même occasion à la presse. Et force est de constater que les changements annoncés pour l'entreprise spécialisée en reconnaissance vocale ne sont pas négligeables.

Les pertes d'emplois s'annoncent en effet plus importantes que prévu. Le scénario d'une Newco (comprenant la division principale Speech Language Technology) avec un investissement de minimum 100 millions de dollars étant trop difficile à réaliser, il a fallu trouver une solution plus modeste. D'où la proposition de ramener à 398 le nombre de personnes employées au lieu des 571 initialement prévues. Ce qui entraînerait un besoin de cash de seulement 20 à 25 millions de dollars. Avec pour effet d'avoir déjà attiré deux offres encore conditionnelles. Les 173 pertes d'emplois visent 74 personnes en Belgique, 40 aux Etats-Unis et 59 dans le reste du monde. «La Belgique est la plus touchée car c'est là qu'on travaille sur les technologies du futur», a-t-il encore expliqué. Il est aussi clair, a-t-il ajouté, qu'il ne faudra plus qu'un siège en Belgique (soit Ypres soit Wemmel) et un aux Etats-Unis, contre deux actuellement de part et d'autre.

Pour Dictaphone, ce serait une new Dictaphone qui serait mise en place, dont les banques créancières détiendraient 65 pc des actions. Quant aux activités regroupées au sein Kurzweil et Appeck, elles pourraient faire l'objet d'un «management buy out» (reprise par le management). Un processus de vente concerne également la division Transcription.

DU CASH JUSQUE FIN OCTOBRE

Philippe Bodson a aussi confirmé hier qu'il y avait suffisamment de cash pour tenir jusqu'à fin octobre. Il a lourdement insisté sur le fait que ce plan n'était pas une liquidation pure et simple, mais bien un plan qui vise une poursuite des activités. Ce qui permet la «meilleure valorisation des actifs»

Vu les circonstances sur les marchés actuellement.

Il estime que ce plan tient compte des remarques qui avaient été faites par le juge. Ce dernier avait notamment mis en avant le côté trop vague ou trop peu réaliste du premier plan. «Cette fois, nous avons des candidats», a insisté Philippe Bodson même s'il est évident que le nom de ceux-ci ne peut être révélé pour ne pas compromettre les négociations. «Nous avons fait un grand effort pour répondre à toutes les critiques, j'espère que le travail sera apprécié», a-t-il encore dit.

La prochaine étape est prévue pour le 18 septembre quand les créanciers devront se prononcer. Le juge aura alors quinze jours pour trancher. Il est clair que ce sera la faillite si, dans l'un des deux cas, c'est un non, a expliqué Philippe Bodson. Tout comme il n'a pas caché que si l'une ou l'autre offre n'était pas confirmée «quelque part en septembre», de préférence avant le 18», ce serait aussi la faillite. «On ne laissera pas l'entreprise mourir doucement», a-t-il insisté. Mais quoiqu'il en soit, a-t-il aussi rappelé, «les actionnaires ne récupéreront rien ou quasi rien».

© La Libre Belgique 2001